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Du Fifagate au feuilleton procédural


Le président de la FIFA annonçant le choix du comité exécutif de la fédération internationale

Le président de la FIFA annonçant le choix du comité exécutif de la fédération internationale

Les appels en interne à la Fifa - Platini contre sa suspension de 8 ans, les procureurs de l'instance qui jugent 8 ans insuffisants - rythment désormais la vie au sommet du foot mondial, déjà ébranlé par scandales de corruption et vagues d'arrestations depuis fin mai 2015.

Les événements s'enchainent comme dans un scénario digne d'un film hollywoodien. Mais cette fois il s'agit tristement des faits réels qui ont lieu à la Fifa, éclaboussant ce panthéon du football mondial.

La spirale se déchaine le 27 mai 2015 quand sept hauts dirigeants du football international sont arrêtés à Zurich, à la demande de la justice américaine. 14 personnes (dont 9 membres ou anciens membres de la Fifa) sont mises en cause. L'acte d'accusation américain parle de quelque 150 millions de dollars (132 millions d'euros) de pots-de-vin et de rétrocommissions, depuis les années 1990.

Pendant ce temps, dans une procédure distincte, ouverte contre X pour soupçons de "blanchiment d'argent et gestion déloyale" autour de l'attribution des Mondiaux 2018 et 2022 à la Russie et au Qatar, la justice suisse fait procéder à des perquisitions au siège de la Fifa, à Zurich.

Le 28 mai, Michel Platini, président de l'UEFA, demande à Joseph Blatter, président de la Fifa depuis 1998, de renoncer à briguer un nouveau mandat et de quitter son poste. Le Suisse de 79 ans refuse. Ce qui, le lendemain, le conduit à une réélection pour un cinquième mandat de quatre ans; qu il ne finira malheureusement pas car, quatre jours plus tard il annonce sa démission et appelle à l'élection d'un nouveau président lors d'un congrès extraordinaire électif, prévu le 26 février 2016. Ce qui, évidemment, permet à Platini d'annoncer sa candidature à la magistrature supreme de la Fifa le 29 juillet.

Deux mois plus tard, soit le 25 septembre, le candidat à présidence de la Fifa est entendu par la justice suisse comme témoin assisté pour un paiement de 1,8 million d'euros reçu en 2011 pour un travail de conseiller de Blatter achevé en 2002. Blatter est mis en examen pour cette affaire et pour un contrat de droits TV présumé déloyal (très en-dessous des prix du marché) envers la Fifa.

Le 8 octobre la commission d'éthique de la Fifa annonce une suspension pour 90 jours contre Blatter et Platini. Les jours d apres, les deux hommes font appel de leur suspension, un appel qui sera rejete le 18 octobre. Par la suite, dans une interview accordee le lendemain au journal Le Monde, Platini admet dans une interview au journal Le Monde qu'il n'y avait pas de contrat écrit pour le versement controversé de 1,8 million d'euros. Le jour suivant, il saisit le Tribunal arbitral du sport (TAS) concernant sa sanction provisoire, alors que le 24 novembre la chambre d'instruction de la Fifa requiert contre lui une radiation à vie, que ses avocats dénoncent comme un "pur scandale".

Le 3 décembre, deux des vice-présidents de la Fifa sont arrêtés à l'aube à Zurich, à la demande des Etats-Unis. Dans la soirée, la ministre américaine de la Justice, Loretta Lynch, évoque un total de seize nouveaux responsables du foot, tous latino-américains, inculpés ce jour là. Elle qualifie d'"inconcevable" l'ampleur de la corruption présumée. Huit jours plus tard, le TAS maintient la suspension de Platini. Cinq jours après, Platini décide de boycotter son audition prévue le 18 décembre devant la justice interne de la Fifa, pour signifier "sa plus profonde indignation face à une procédure visant à l'empêcher de se présenter à la présidence de la Fifa". A sa place, c est son avocat, Me Thibaud d'Alès, qui sera entendu durant neuf heures par la justice interne de la Fifa pour défendre le président de l'UEFA. En préambule, le juriste lit une déclaration du Français dans laquelle celui-ci se dit "déjà jugé, déjà condamné". Un jour plus tot, Blatter était entendu durant 8 heures par les juges de la Fifa.

Le 21 décembre, Blatter et Platini écopent d une suspendus de 8 ans de toute activité liée au football par la justice interne de la Fifa. Blatter se décrit comme un "punching-ball". Le clan Platini dénonce le "cynisme procédural" de la Fifa car les motivations de sa suspension, nécessaires pour faire appel, ne lui seront communiquées "qu'au cours de la première moitié du mois de janvier 2016" alors que les candidatures à la présidence de la Fifa doivent être définitivement enregistrées le 26 janvier.

Le lendemain du prononcee de la suspension, Platini accorde un entretien à l'AFP, dans lequel il déclare qu'il va se battre "contre cette injustice, de tribunaux en tribunaux". Mais, lucide, il ajoute: "Quoi qu'il advienne mon image aura été écornée, j'en aurais pris plein la gueule. On m'a mis dans le même sac que Blatter."

Le 7 janvier 2016, il fait une déclaration un peu fracassante. "Je ne me présenterai pas à la présidence de la Fifa. Je retire ma candidature", indique Platini sur le site internet de L'Equipe. "Je n'ai plus le temps ni les moyens d'aller voir les électeurs, de rencontrer les gens, de me battre avec les autres. En me retirant, je fais le choix de me consacrer à ma défense", ajoute-t-il.

Quelques jours plus tard, Blatter confirme son intention de faire appel, alors que de son coté, Platini fait appel en interne à la Fifa; et expose son entourage à l'AFP.

Le 12 janvier, les procureurs de la Fifa disent qu'ils vont interjeter appel des 8 ans de suspension infligés à Blatter à Platini. La sanction est jugee insuffisante pour ces juges qui qui avaient requis la radiation à vie pour ces deux hommes qui ont ebranlee, non seulement la plus haute institution du football, mais aussi le sport le plus prisé au monde.

Avec AFP

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