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Dominique Strauss-Kahn obtient la condamnation de l'auteur d'un roman sur l'affaire du Sofitel


Former IMF head Dominique Strauss-Kahn enters his car as he leaves his apartment in Paris, France, June 12, 2015.

Former IMF head Dominique Strauss-Kahn enters his car as he leaves his apartment in Paris, France, June 12, 2015.

Dominique Strauss-Kahn a obtenu jeudi la condamnation en diffamation de l'auteur de "La Ballade de Rikers Island", un roman sur l'affaire du Sofitel qui a coûté sa carrière à l'ancien patron du Fonds monétaire international (FMI).

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné Régis Jauffret à une amende de 1.500 euros avec sursis, ainsi qu'à 10.000 euros de dommages et intérêts au titre du préjudice moral. La justice a aussi interdit toute nouvelle édition du roman comportant les passages jugés diffamatoires.

L'avocat du plaignant, Me Henri Leclerc, avait lors de l'audience en mars, dénoncé une "diffamation effroyable" distillée à travers ce roman de plus de 400 pages paru aux Éditions du Seuil le 16 janvier 2014 et qui décrit la chute d'un homme, le désarroi d'une femme et, de façon très précise, une "scène de viol".

Seul nom cité dans ce livre, celui de Nafissatou Diallo, la femme de chambre du Sofitel de New York qui a envoyé Dominique Strauss-Kahn en prison, à Rikers Island, sur des accusations de viol en mai 2011. Si cette affaire s'était finalement soldée par une transaction financière, elle avait coûté sa carrière à un économiste brillant, alors favori de la course à la présidentielle française de 2012.

Or, pour le plaignant, le récit d'un viol contredit la procédure américaine qui a abandonné toute poursuite contre DSK. "Ce livre décrit un viol, à l'indicatif. Le lecteur croit lire enfin le récit de ce qui s'est passé dans la suite 2806 du Sofitel", avait tonné Me Leclerc.

Les avocats de Régis Jauffret et du Seuil avaient plaidé la liberté totale de la "création littéraire": liberté "de mentir, d'inventer" car DSK "ne s'appartient plus", "le monde entier a déjà commenté cette affaire". L'auteur lui-même proclame en ouverture de son livre: "Le roman, c'est la réalité augmentée".

Tranchant entre liberté d'expression et protection de l'honneur, le tribunal a jugé qu'"il ne saurait suffire, pour prétendre échapper à toute condamnation, de s'abriter sous la qualification expresse de +roman+".

Avec AFP

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