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Droits de l'Homme: l'UE convie le Burundi à des consultations, suspension de l'aide à la clé


Le président du Burundi Pierre Nkurunziza lors d’une cérémonie au parlement à Bujumbura, aout 2015. Source : AP

Le président du Burundi Pierre Nkurunziza lors d’une cérémonie au parlement à Bujumbura, aout 2015. Source : AP

L'UE va écrire au président Pierre Nkurunziza afin de lancer des consultations à Bruxelles sur les atteintes à la démocratie au Burundi, secoué par une grave crise depuis le printemps, une procédure susceptible de conduire à la suspension de l'aide européenne.

Les 28 pays de l'Union européenne vont décider lundi d'envoyer un courrier au président burundais à l'occasion d'une réunion des ministres du Développement le même jour à Bruxelles, selon ces sources.

Dans cette lettre, consultée par l'AFP, la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, demande des consultations avec les autorités burundaises en vue "d'examiner la situation de façon approfondie et, au besoin, de prendre des mesures pour y remédier". Mme Mogherini propose de les organiser à Bruxelles "à une date à convenir d'un commun accord".

"Le président a un mois pour y répondre et à l'issue, on engage des consultations pendant 120 jours pour traiter des sujets de préoccupation", a expliqué un diplomate. "Au cas où ça se passe mal, la sanction sera la suspension de la coopération", a-t-il ajouté, précisant toutefois que seule l'aide aux projets du gouvernement, et non celle apportée directement à la société civile, serait alors concernée.

"Les consultations permettront au Burundi de présenter le programme du gouvernement, notamment en ce qui concerne les principes démocratiques, les droits de l'Homme et la gouvernance", précise le courrier de Mme Mogherini.

Les 28 pays de l'UE estiment que "les actes de violence politique se sont aggravés à la suite de l'annonce, faite le 25 avril 2015, selon laquelle le président Pierre Nkurunziza allait briguer un troisième mandat", selon une source européenne. "A ce jour, la crise a fait plus de 120 morts et des milliers de blessés", a-t-elle relevé. "La dégradation de la situation au Burundi s'est renforcée encore plus au cours de la période qui a précédé les élections législatives et présidentielles de juin et de juillet", a observé la même source.

De telles consultations sur les atteintes à la démocratie, aux droits de l'Homme et à l'Etat de droit sont prévues par l'article 96 des accords de Cotonou, qui régissent la coopération entre l'UE et les pays de la zone ACP (Afrique-Caraïbes-Pacifique). Elles peuvent être demandées lorsqu'une des parties considère qu'un pays ne respecte pas ses engagements démocratiques. En cas d'échec du dialogue, des "mesures appropriées" peuvent être prises, dont en dernier recours une "suspension" de l'accord de coopération. L'UE a déjà pris de telles mesures par le passé, notamment contre le Zimbabwe, Madagascar ou la Guinée.

L'UE a adopté début octobre des sanctions contre quatre personnes au Burundi en raison de leur implication dans la répression de manifestants qui ont protesté depuis avril contre la réélection de M. Nkurunziza à un troisième mandat, et dans les violences contre des opposants et la société civile dans le pays.

Avec AFP

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