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AffaireTagro-Soro en Côte d'Ivoire: quelle marge de manoeuvre pour le procureur?


AffaireTagro-Soro en Côte d'Ivoire: quelle marge de manoeuvre pour le procureur?

AffaireTagro-Soro en Côte d'Ivoire: quelle marge de manoeuvre pour le procureur?

La société civile ivoirienne doute que le procureur de la République Raymond Tchimou puisse mener une enquête impartiale.

En Côte d’Ivoire, le procureur de la République, Raymond Tchimou chargé de l'enquête pour corruption visant le ministre de l’Intérieur Désiré Tagro, a insisté lors d'une conférence de presse: «tout le monde sera entendu». Il a aussi précisé que le fait que le ministre mis en cause reste en fonction «ne gêne en rien l'enquête». Une déclaration qui dérange l'opposition et la société civile.

Le ministre Tagro est accusé d’avoir marchandé des places au concours d’entrée à l’Ecole nationale de police, d'avoir détourné des fonds destinés à la communauté musulmane pour trois pélerinages à la Mecque. L'enquête doit aussi vérifier si l'argent destiné à dédommager les victimes des déchets toxiques du navire Probo Koala leur a été remis. Désiré Tagro est également soupçonné d'avoir perçu dix milliards de francs CFA de commissions de la part du Groupe français SAGEM.

Le nom du premier ministre Guillaume Soro a aussi été cité dans cette affaire. Mr. Soro a nié ces allégations de corruption.

Or, la société civile doute que le procureur, Raymond Tchimou puisse mener une enquête impartiale. «Trois jours après que le président ait ordonné l'ouverture de cette enquête, le procureur cherchait déjà à blanchir le ministre de l'Intérieur» a expliqué Félix Boni, rédacteur en chef du journal l'Inter à Abidjan.

Une autre crainte exprimée par l'opposition notamment: que cette procédure ait pour objet de s'en prendre en réalité au Premier ministre et par conséquent à l'accord de Ouagadougou de 2007. Certains observateurs estiment que le président Laurent Gbago pourrait profiter de cette affaire pour gagner du temps et justifier le retard pris dans l'organisation de la présidentielle, reportée 6 fois depuis 2005.

Mais pour Félix Boni, «le chef de l'Etat ne peut pas prendre le risque de gêner son Premier ministre. L'accord de Ouagadougou a été signé entre deux parties et dès lors qu'il n' y a plus Guillaume Soro, l'accord devient caduc».

Comment le procureur peut-il mener une enquête indépendante et impartiale, sachant que le ministre Tagro est l'un des proches conseillers du président Gbagbo? Comment peut-il aussi manoeuvrer alors que Mr. Tagro a toujours le statut de magistrat? entre autres questions que se pose la société civile ivoirienne. Félix Boni du journal l'Inter rappelle que le statut de magistrat ne pose pas de problème, puisque c'est Désiré Tagro, le ministre de l'Intérieur qui est jugé.

L'enquête diligentée par le procureur Raymond Tchimou devra durer un mois.

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