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De nouveau hackée, l'Agence mondiale antidopage demande à Moscou d'intervenir


Le président russe Vladimir Putin parle avec la maire du village olympique Elena Isinbaeva lors des Jeux d'hiver de Sochi, Russie, le 5 février 2014.

Le président russe Vladimir Putin parle avec la maire du village olympique Elena Isinbaeva lors des Jeux d'hiver de Sochi, Russie, le 5 février 2014.

L'Agence mondiale antidopage (AMA) a demandé jeudi au gouvernement russe d'intervenir pour faire cesser les agissements d'un groupe de pirates informatiques, qui a une nouvelle fois divulgué des informations sur des athlètes en lice aux jeux Olympiques de Rio cet été.

Cette fuite, qui concerne 25 nouveaux sportifs, fait suite à une première salve d'informations médicales confidentielles dévoilées mardi.

"Nous condamnons cette activité criminelle et nous avons demandé au gouvernement russe de faire tout ce qui était en son pouvoir pour que cela cesse", a déclaré le directeur général de l'AMA Olivier Niggli dans un communiqué publié jeudi.

Selon lui, ces fuites de données piratées dans les ordinateurs de l'AMA constituent "des représailles" face aux mesures prises par l'Agence dans sa lutte contre le dopage en Russie. De lourdes sanctions avaient frappé ce pays puisque toute son équipe d'athlétisme, à l'exception de la sauteuse en longueur Darya Klishina, avait notamment été exclue des JO.

"Je lis que Niggli a demandé à notre gouvernement de coopérer. Nous allons demander aux instances (gouvernementales) appropriées d'y travailler, mais il m'est difficile de commenter", a répondu le ministre russe des Sports Vitali Moutko auprès de l'agence de presse russe R-Sport.

"Après tout, les jeux Olympiques sont entre les mains du CIO (Comité international olympique), c'est au CIO de commenter cela avec l'AMA", a-t-il ajouté.

Mardi déjà, l'AMA avait annoncé que sa base de données avait été piratée par le groupe russe d'espionnage cybernétique Tsar Team (APT28), également connu sous le nom de "Fancy Bears", qui avait publié des données confidentielles de quatre athlètes américains aux JO de Rio.

Jeudi, l'AMA a de nouveau mis en cause les Fancy Bears pour "avoir fait fuiter un autre paquet de données confidentielles depuis le système de gestion et de localisation de l'Agence (Adams)", qui lui permet d'assurer le suivi des contrôles antidopage des sportifs.

Dans les deux cas, les données divulguées concernent des autorisations à usage thérapeutique (AUT), détenues par les sportifs concernés pour l'usage de certaines substances. Ces données ne révèlent donc aucune infraction ni aucun contrôle antidopage positif puisque les sportifs en question ont une autorisation médicale pour utiliser des médicaments inscrits sur la liste des produits interdits.

"Comme la fuite que l'Agence a annoncée le 13 septembre, cette fois le groupe a révélé dans le domaine public des données confidentielles de 25 athlètes de huit pays. Parmi les athlètes concernés 10 viennent des Etats-Unis, 5 d'Allemagne, 5 de Grande-Bretagne, 1 de République tchèque, 1 du Danemark, 1 de Pologne, 1 de Roumanie et 1 de Russie", selon le communiqué de l'AMA.

Il s'agit notamment de la joueuse de tennis américaine Bethanie Mattek-Sands, les cyclistes britanniques Bradley Wiggins et Christopher Froome, la joueuse de tennis tchèque Petra Kvitova ou le lanceur de disque allemand Robert Harting.

Mardi, les hackers avaient cité les soeurs Venus et Serena Williams (USA, tennis), Simone Biles (USA, gymnastique), et Elena Delle Donne (USA, basket).

Mercredi, Vitali Moutko avait assuré que son pays n'avait aucun lien avec le groupe Fancy Bears.

"Comment pouvez-vous dire que ce sont des pirates informatiques de Russie ? Vous accusez la Russie pour tout", s'était-il insurgé depuis Athènes, où il se trouvait pour l'élection du nouveau président de l'Union européenne de football (UEFA), en tant que président de la Fédération russe de football.

Avec AFP

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