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Donald Trump remanie (encore) son équipe de campagne


Le candidat républicain à la Maison Blanche, Donald Trump, à Milwaukee, dans le Wisconsin, le 16 août 2016.

Le candidat républicain à la Maison Blanche, Donald Trump, à Milwaukee, dans le Wisconsin, le 16 août 2016.

Panique à tous les étages: Donald Trump a remanié pour la seconde fois son équipe de campagne pour tenter d'enrayer sa chute face à Hillary Clinton, de plus en plus favorite du scrutin présidentiel américain de novembre.

Le candidat républicain à la Maison Blanche a annoncé mercredi dans un communiqué avoir placé au sommet de son équipe de campagne deux conservateurs dont la mission est claire: laisser Trump faire du Trump, comme aux grandes heures de la campagne des primaires.

Ce remaniement est le symptôme d'un problème persistant chez le milliardaire populiste: l'absence de stratégie pour élargir sa base de soutien au-delà du noyau d'électeurs des primaires.

Mais Donald Trump a apparemment choisi de doubler la mise en embauchant le patron du site d'informations conservateur Breitbart News, Steve Bannon, nommé directeur général, un titre créé pour lui. Banquier d'affaires chez Goldman Sachs dans les années 1980 puis producteur de films, il est un ardent dénonciateur de l'establishment politique américain, tant démocrate et républicain, et a la réputation de ne pas faire de quartier quand il attaque.

L'association à l'un des agitateurs les plus influents de la sphère conservatrice est le signal que Donald Trump, loin de vouloir tendre la main aux électeurs modérés, entend revenir à ce qui a fait son succès aux primaires républicaines: de grands meetings houleux, une parole enflammée et décapante, afin de rester coûte que coûte au centre de l'attention médiatique.

C'est "quelqu'un qui va y aller sabre au clair, il n'hésite jamais à aller au combat et considère qu'en politique, tous les coups sont permis", a décrypté Corey Lewandowski, le premier directeur de campagne de Donald Trump, devenu commentateur de CNN après avoir été lui-même limogé en juin.

La sondeuse et consultante républicaine Kellyanne Conway est promue de conseillère à directrice de campagne. En pratique, au-delà du titre, elle se concentrera sur la communication et voyagera sur le terrain avec le candidat.

"Je connais Steve et Kellyanne depuis des années. Ils sont extrêmement capables et compétents, ils adorent gagner et savent comment gagner", a déclaré Donald Trump dans un communiqué.

Clinton en tête

L'entourage d'Hillary Clinton a accusé Steve Bannon et Breitbart d'avoir rapporté d'innombrables "théories du complot anti-musulmanes ou antisémites" et dit s'attendre à ce que la candidate soit encore plus la cible "d'accusations fantasques".

"Donald Trump peut embaucher ou licencier qui il veut", a également réagi Hillary Clinton lors d'un meeting à Cleveland. "Ils peuvent lui faire lire de nouveaux mots sur un prompteur, mais il reste le même homme".

"Il n'y a pas de nouveau Donald Trump", a conclu la démocrate, dont le directeur de campagne, Robby Mook, 36 ans, est à son poste depuis le premier jour.

Bien que l'ex-homme fort de l'équipe Trump, Paul Manafort, conserve son titre de "président" de l'organisation, sa marginalisation est actée, alors qu'il était devenu le véritable directeur de campagne à une époque où le candidat souhaitait "présidentialiser" son image.

Mais Donald Trump n'a jamais assumé ce repositionnement.

Malgré l'usage occasionnel de prompteurs pour des discours programmatiques, l'homme d'affaires a continué à déraper lors de discours ou en interviews.

La période depuis la convention d'investiture républicaine, fin juillet, n'a été qu'une suite de controverses, Donald Trump appelant la Russie à récupérer des messages privés d'Hillary Clinton, s'affrontant à distance avec les parents d'un militaire américain musulman mort au combat, ou insinuant que seules les armes pourraient permettre de résister à une présidence Clinton...

"Je suis qui je suis. C'est moi. Je ne veux pas changer. Tout le monde dit, oh, il va +pivoter+. Je ne veux pas pivoter", a-t-il finalement déclaré mardi à la télévision locale WKBT, dans le Wisconsin.

Le site Breitbart est une plaque tournante pour les informations et rumeurs anti-Clinton. Ardents supporters de la mouvance du Tea Party après 2010, ses créateurs ont ouvertement fait la guerre à des ténors républicain.

Ce changement d'équipe intervient alors qu'Hillary Clinton est créditée d'environ 47% des intentions de vote contre 41%, selon la moyenne calculée par le site Real Clear Politics.

Avec AFP

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