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Donald Trump persiste, sans preuve, sur l'existence de fraudes électorales


Le vote anticipé a déjà démarré dans certains États américains, comme ici dans le comté de Polk à Des Moines dans l'Iowa, le 29 septembre 2016, premier jour du vote anticipé.

Le vote anticipé a déjà démarré dans certains États américains, comme ici dans le comté de Polk à Des Moines dans l'Iowa, le 29 septembre 2016, premier jour du vote anticipé.

Accusé d'agressions sexuelles, Donald Trump continuait lundi à dénoncer de façon préventive une élection présidentielle américaine truquée, comme lors des turbulences de l'été, alors qu'Hillary Clinton prend le large dans les sondages pour le scrutin du 8 novembre.

"Bien sûr que de vastes fraudes électorales se produisent avant le scrutin et le jour de l'élection. Pourquoi les responsables républicains le nient-ils ? Quelle naïveté !", a encore écrit Donald Trump sur Twitter lundi.

Que veut dire le candidat républicain à la Maison Blanche ?

Il reste flou, mais fait allusion à de possibles fraudes dans les bureaux de vote. Par exemple, il a encouragé le 1er octobre ses partisans à aller surveiller les bureaux "dans certaines zones".

Ce langage codé pourrait viser les quartiers noirs, qui votent majoritairement pour le parti démocrate. Certains sous-entendent que dans ces bureaux de vote, des tricheries pourraient avoir lieu, par exemple en faisant voter des gens qui n'en auraient pas le droit.

Le paradoxe est que depuis plusieurs années, à l'initiative de gouverneurs républicains, plusieurs Etats ont durci les conditions de vote.

Alors qu'en 2000, 14 Etats seulement exigeaient une preuve d'identité pour voter, ils sont aujourd'hui une trentaine à le faire, selon la Conférence nationale des législatures d'Etats. Ces restrictions sont dénoncées par les démocrates, qui estiment qu'elles frappent démesurément les minorités et les plus vulnérables, qui n'ont pas forcément de permis de conduire, la pièce d'identité la plus commune aux Etats-Unis.

Donald Trump estime aussi que l'élection est truquée par les médias, qui ignoreraient volontairement les affaires liées à Hillary Clinton pour concentrer leur couverture sur les accusations sexuelles contre le candidat républicain. Des accusations qu'il rejette.

Son colistier, Mike Pence, a encore estimé dimanche que les médias nationaux "essayaient constamment de changer de sujet et ignoraient volontairement la corruption et les trafics d'influence des Clinton".

- Débat mercredi soir -

"Il tente de détourner l'attention de sa campagne catastrophique", a réagi le directeur de campagne d'Hillary Clinton, Robby Mook, lors d'un coup de fil avec la presse. "Il sait qu'il est en train de perdre et essaie de rejeter la faute sur le système. C'est typique des perdants".

De fait, une fraude massive aux élections semble difficile à exécuter car le système électoral américain est décentralisé. Il est du ressort de chacun des 50 Etats, où les républicains détiennent d'ailleurs la majorité du pouvoir.

En outre, depuis dix ans, la tendance est au retour des bulletins en papier, par rapport aux votes purement électroniques. "De plus en plus de juridictions s'éloignent des systèmes de vote invérifiables", a dit à l'AFP Pamela Smith, présidente de l'organisation Verified Voting.

Dans l'Ohio, l'un des Etats les plus disputés du scrutin présidentiel, l'homme responsable des élections est un républicain, Jon Husted.

"Je peux assurer à Donald Trump que (...) les élections ne seront pas truquées", a-t-il dit sur CNN lundi. "L'idée d'une fraude électorale massive signifierait qu'il y a un problème systémique. Si c'est le cas, à lui de l'identifier".

Le président républicain de la Chambre des représentants, Paul Ryan, en froid avec Donald Trump depuis les divulgations de ses propos machistes, a lui-même rejeté les attaques du candidat contre l'intégrité du système électoral.

Donald Trump retrouvera mercredi à Las Vegas Hillary Clinton pour leur troisième et dernier débat.

La démocrate restait cloîtrée lundi chez elle près de New York pour s'y préparer. Elle devra sans doute se tenir prête à répondre à la publication par WikiLeaks de milliers de messages piratés du compte Gmail du président de son équipe de campagne, John Podesta, qui révèle les tergiversations et machinations politiques de la candidate.

On y apprend notamment que, lors d'une conférence privée en 2013, elle avait déclaré qu'en politique, pour réussir des négociations, il fallait avoir "à la fois une position privée et une position publique". De quoi relancer les soupçons sur sa duplicité supposée.

Elle recueillait néanmoins lundi 45,4% des intentions de vote, en moyenne, contre 39,1% pour Donald Trump et 6,1% pour le libertarien Gary Johnson, selon la moyenne du site Real Clear Politics. Il y a quatre ans, le même jour, Barack Obama n'avait que 0,4 point d'avance sur le républicain Mitt Romney.

Avec AFP

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