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Donald Trump ou Ted Cruz, le dilemme de l'appareil républicain aux primaires


A gauche, Donald Trump et à droite, Ted Cruz.

A gauche, Donald Trump et à droite, Ted Cruz.

Dans l'imprévisible course des primaires républicaines, le sénateur du Texas Ted Cruz a consolidé son statut de deuxième homme derrière Donald Trump, une alternative peu réjouissante pour l'appareil du parti, qui ne s'entend avec aucun des deux prétendants.

Une phrase illustre les calculs politiques désespérés auxquels se livrent les barons républicains, paniqués à l'idée d'investir Donald Trump à la convention de juillet.

"Je soutiendrais Cruz contre Trump. Je préfèrerais Rubio contre Kasich. Rubio et Kasich contre Cruz, mais si Cruz est l'alternative à Trump, au moins c'est un républicain conservateur", a expliqué dimanche le sénateur Lindsey Graham, figure de l'establishment, qui s'est retiré de la course des primaires en décembre.

Si vous avez du mal à suivre, c'est normal : après cinq semaines de consultations, Donald Trump est favori mais la classe politique américaine ne sait pas comment les primaires républicaines tourneront.

Quatre candidats ont promis de rester au moins jusqu'au 15 mars : outre Donald Trump et le sénateur du Texas Ted Cruz, il y a le sénateur de Floride Marco Rubio et le gouverneur de l'Ohio John Kasich, ces deux derniers pariant leur survie à une victoire dans leurs propres Etats la semaine prochaine.

Donald Trump est en avance dans le nombre de délégués, avec 384 contre 300 pour Ted Cruz et 151 pour Marco Rubio, selon le décompte de l'Associated Press, sur les 1.237 requis pour décrocher l'investiture. Il reste 63% des délégués à attribuer jusqu'en juin.

Mathématiquement, il est impossible pour aucun d'atteindre la majorité absolue avant la première semaine de mai, selon Sean Spicer, stratège du parti républicain.

- Faut-il sacrifier Rubio ? -

Le dilemme pour les républicains anti-Trump: faut-il sacrifier Marco Rubio, longtemps espoir de l'establishment, et se rassembler derrière l'ultra-conservateur Ted Cruz dans l'espoir qu'il empêche Donald Trump de gagner 1.237 délégués?

Ted Cruz s'est fait beaucoup d'ennemis dans son camp avec sa stratégie d'obstruction permanente au Sénat depuis 2013. Le parti lui reproche d'avoir fomenté l'obstruction ratée de 2013 qui a conduit à la fermeture partielle des administrations fédérales. Il est en froid avec la plupart de ses collègues sénateurs.

Lindsey Graham, que Donald Trump a traité de "stupide", ne cache pas son inimitié pour Ted Cruz mais estime qu'il serait un moindre mal. "Il y a un peu d'espoir avec Ted, aucun espoir avec le Donald", a-t-il résumé.

Mitt Romney n'a mis son poids derrière aucun des trois candidats, mais il devrait le faire après le 15 mars.

"Ces trois-là sont de vrais républicains", a-t-il justifié dimanche sur NBC. Donald Trump, pour lui, n'est qu'un "charlatan" opportuniste.

Une tardive vague de publicités télévisées, lancées par des comités anti-Trump, a commencé à inonder notamment la Floride et l'Illinois pour en convaincre les électeurs.

- Convention imprévisible -

Que se passera-t-il si Donald Trump obtient la majorité relative mais pas absolue des délégués avant la convention de Cleveland?

Le vote des délégués, qui n'est souvent qu'une formalité, deviendra alors crucial. Au premier tour, ils seront tenus de voter pour le candidat qu'ils représentent, sans dégager de majorité, et déclenchant un deuxième tour.

Dans ce cas, les règles varient selon les délégations, en fonction de règles définies par les partis de chaque Etat. Mais la plupart des délégués seront libres de voter pour le candidat de leur choix, explique à l'AFP Josh Putnam, expert du processus électoral à l'Université de Géorgie.

Or dans près de 75% des Etats, les délégués représentant par exemple Donald Trump ne seront pas choisis par lui-même mais parmi des militants du parti. Dans un deuxième tour, ils pourraient donc voter pour leur candidat de coeur.

En théorie, il est possible que bien qu'ayant obtenu le plus de voix, Donald Trump puisse se voir ainsi "dérober" l'investiture.

Le président du parti républicain, Reince Priebus, continue de dire que la probabilité d'un tel scénario est faible. Mais le stratège en chef du parti a martelé lundi que si le choix incombait in fine aux délégués, cela n'aurait rien d'un hold-up démocratique.

"Les délégués sont élus" et "s'expriment (...) dans le cadre d'une démocratie représentative", a expliqué Sean Spicer sur CNN lundi.

Avec AFP

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