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Donald Trump défend "l'Amérique d'abord" au Congrès


Le président Donald Trump à Washington, 23 février 2017.

Le président Donald Trump à Washington, 23 février 2017.

Le président Donald Trump déclinera mardi soir sa vision d'une défense musclée et de frontières renforcées lors de son premier discours solennel au Congrès, une allocution en prime-time qui s'intègre dans sa politique de "l'Amérique d'abord".

Peu après 21H00 (02H00 GMT), le 45e président des Etats-Unis entrera selon un cérémonial rodé dans l'hémicycle de la Chambre des représentants au Capitole, où siègeront également sénateurs, ministres et plusieurs juges de la Cour suprême.

L'objectif du discours sera de convaincre les Américains de la cohérence de ses priorités, et notamment de l'augmentation significative du budget militaire (+9% soit 54 milliards de dollars), déjà le premier de la planète. La Maison Blanche dévoilera prochainement son projet de budget 2018.

"Ce budget sera un budget de sécurité publique et de sécurité nationale", a annoncé lundi Donald Trump, qui veut parallèlement couper les crédits des autres ministères, notamment l'environnement.

"Nous dépensons 6.000 milliards de dollars au Moyen-Orient et nous avons des trous partout sur nos routes et nos autoroutes!", a-t-il dit.

Interrogé sur la difficulté de dégager plus de 50 milliards de dollar d'économie sur les dépenses non militaires, le président américain a affirmé compter sur une croissance économique plus robuste.

"Nous sommes probablement à un peu plus de 1%, si je peux faire passer ce chiffre à 3% voire plus, ce sera une toute autre histoire", a-t-il déclaré mardi sur Fox News.

Le président et la Première dame ont invité pour ce discours deux veuves de policiers californiens tués en 2014 par un clandestin, des invités symbolisant la ligne dure adoptée par la nouvelle administration contre l'immigration clandestine. Les années précédentes, Barack Obama avait fait venir des sans-papiers.

A l'inverse, des élus démocrates ont convié Hameed Darweesh, un Irakien qui avait été arrêté à l'aéroport JFK de New York au moment de la mise en place du décret migratoire de Donald Trump fin janvier, et depuis suspendu par la justice.

- Divergences dans la majorité -

Les républicains, pour la première fois depuis 2006, contrôlent à la fois la Maison Blanche et le Congrès, et leur feuille de route est pleine, avec notamment des réformes de la santé et des impôts d'ici la fin de l'année.

"C'est un moment qui n'arrive qu'une fois toutes les générations", s'est félicité Paul Ryan mardi. "Nous avons enfin l'occasion de régler tous les grands problèmes du pays".

Mais la majorité et le président ne voient pas tout du même oeil, particulièrement sur la santé.

Donald Trump et les républicains ont promis d'abroger la réforme du système de santé emblématique de la présidence Obama, surnommée "Obamacare", qui a permis à plus de 20 millions d'Américains de souscrire à une couverture maladie. Mais par quoi la remplacer ?

Un fossé se creuse entre l'aile libérale du parti républicain qui promeut un désengagement public, et les pragmatiques qui hésitent à démanteler un système qui a, malgré ses défauts, aidé des millions de leurs électeurs.

Un projet de loi qui circulait la semaine dernière a été enterré, faute de consensus républicain.

Sur le budget, des républicains s'inquiètent de la réticence de Donald Trump à réformer la protection sociale, qui engloutit deux tiers des dépenses fédérales. De l'autre côté, d'autres comme le sénateur John McCain jugent la hausse du budget militaire trop timide...

Une centaine de hauts gradés de l'armée à la retraite, dont le général David Petraeus, ancien directeur de la CIA, ont écrit au Congrès et à la Maison Blanche pour préserver le budget de la diplomatie et de l'aide internationale, que Donald Trump veut réduire.

L'affaire russe menace également de briser le bloc majoritaire. Des élus réclament des enquêtes plus vigoureuses que celles en cours sur d'éventuels contacts entre des proches de Donald Trump et des responsables russes durant la campagne électorale de 2016.

L'opposition démocrate n'a pas attendu le discours pour dénoncer l'hypocrisie qui anime, selon elle, le milliardaire.

"Il parle comme s'il voulait aider les travailleurs, mais ses actions desservent leurs intérêts. Il gouvernera à l'extrême-droite", a assuré lundi Chuck Schumer, chef des démocrates du Sénat.

Avec AFP

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