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Condamnations annulées pour l'attaque du domicile du président guinéen de 2011

  • VOA Afrique

Alpha Conde , Conakry, le 8 octobre 2015.

La Cour suprême de Guinée a cassé lundi la condamnation à perpétuité de deux hauts gradés guinéens accusés de tentative d'assassinat du président Alpha Condé, dont le domicile avait été attaqué en 2011.

La haute juridiction a cassé le jugement de la cour d'assises de Conakry du 13 juillet 2013, qui avait condamné à perpétuité le commandant Alpha Oumar Diallo - présenté comme le cerveau de l'attaque - et l'officier Jean Guilavogui, huit autres accusés écopant de deux à 15 ans de prison.

"Nous, les avocats de la défense, sommes très contents, les mis en cause et leurs dossiers vont être transférés au tribunal de première instance de Dixinn", a déclaré à l'AFP l'un des conseils des accusés Me Salifou Béavogui, à la sortie de l'audience, qui n'a duré qu'un quart d'heure.

La cassation a été prononcée car les aveux ont été faits sous la contrainte et la cour d'assises n'a pas correctement appliqué le droit, selon une source judiciaire.

Sur les 10 condamnés, seuls restaient encore en prison Alpha Oumar Diallo, Jean Guilavogui, Mme Fatou Badiar Diallo, Almamy Aguibou Diallo et Mamadou Alpha Diallo (ces trois derniers condamnés à 15 ans). Les cinq autres, dont l'ex-numéro 2 du principal parti d'opposition, avaient bénéficié d'une grâce présidentielle ou purgé leur peine.

"Leur détention n'est plus nécessaire à la manifestation de la vérité, leur remise en liberté ne créera aucun trouble à l'ordre public, ils ont suffisamment de garanties de représentation pour mériter la confiance des uns et des autres en attendant la nouvelle procédure qui va commencer très bientôt", a plaidé l'avocat.

Le 19 juillet 2011, le domicile privé du président avait été attaqué de nuit par des inconnus, huit mois après son élection. Le gouvernement avait annoncé qu'Alpha Condé et sa famille s'en étaient sortis "sains et saufs" mais qu'un membre de la garde présidentielle avait été tué.

Alpha Condé avait considéré l'attaque comme une "tentative d'assassinat", mettant en cause un responsable de l'opposition, ainsi qu'un ex-ministre et un homme d'affaires proches du général Sékouba Konaté, chef du régime de transition militaire (janvier-décembre 2010).

Six militaires, dont le général Nouhou Thiam, chef d'état-major des armées sous le régime de transition, arrêtés en 2011, ont par ailleurs été condamnés en mars 2016 par un tribunal militaire à des peines équivalentes à leur détention préventive et ont été aussitôt remis en liberté.

Avec AFP

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