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Syrie : des dizaines de morts dans la ville assiégée de Madaya


Les forces de Bachar al-Assad ont coupé tout accès à Madaya, causant une situation humanitaire que MSF qualifie de catastrophique.

Des centaines d'enfants et d'adultes dans une ville syrienne assiégée par les forces gouvernementales sont sur le point de mourir de malnutrition, selon les agences d'aide. Des dizaines de personnes sont déjà mortes. La situation dans la ville de Madaya, dans la province d'Idlib, est tellement désespérée que les résidents auraient été forcés de manger leurs animaux domestiques, tandis que d'autres survivent grâce à des herbes et des feuilles, rapporte le correspondant du service central de la VOA, Henry Ridgwell.

Prêts à tout pour faire connaître au monde leur sort, les habitants de Madaya ont enregistré et posté sur Internet des vidéos et photos exposant leur souffrance. Des nourrissons au visage creux et pâle regardent, trop faibles pour pleurer. Ils sont sur le point de mourir de faim.

Une mère enregistre une visite à un hôpital de campagne local avec son fils de sept mois. Le médecin demande quand il avait été allaité pour la dernière fois. Il y a un mois, répond-elle. Nous lui donnons de l'eau et du sel. Qu'en est-il des couches ? « Nous n’en avons pas, nous utilisons des sacs en plastique, » dit-elle.

En guise de nourriture, certains médecins donnent des sirops contre la toux pour garder les enfants en vie. Médecins Sans Frontières a enregistré plusieurs dizaines de morts dans un hôpital que soutient l’ONG dans la zone de Madaya.

Les gens sont vraiment affamés…. Dans l'établissement de santé que nous appuyons, nous avons enregistré 23 décès, adultes et enfants."

Les forces gouvernementales fidèles au président Bachar al-Assad entourent la ville. Elles prétendent que des combattants de l'opposition sont dans Madaya, utilisant la population comme bouclier humain. Selon la directrice exécutive de MSF, Vickie Hawkins, «le siège a été renforcé au cours des trois derniers mois. Il en résulte que vraiment rien n’atteint la population à l'intérieur de la ville. Les gens n’ont ni carburant ni bois de chauffage. Ils sont privés de nourriture et de médicaments ; la situation est devenue catastrophique."

Le Conseil de sécurité des Nations Unies doit débattre de la situation à Madaya le lundi 11 janvier.

Selon l’AFP, qui cite le porte-parole du CICR à Damas Pawel Krzysiek, l’acheminement de l'aide humanitaire ne devrait pas commencer avant dimanche en "raison de sa complexité.

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