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Djibouti : la FIDH réclame une enquête sur le "massacre" du 21 décembre


Une Djiboutienne conduit ses ânes dans le village de Garabtisan, au nord de Djibouti.

Une Djiboutienne conduit ses ânes dans le village de Garabtisan, au nord de Djibouti.

La Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) demande que la lumière soit faite sur les affrontements qui ont, selon elle, fait "au moins 27 morts" lors d’une intervention de la police au dans une cérémonie traditionnelle à Djibouti.

La FIDH a dénoncé mardi un "accroissement de la répression" contre l'opposition à Djibouti et réclamé une commission d'enquête pour éclaircir les circonstances du "massacre" du 21 décembre, qui a fait selon elle "au moins 27 morts".

De violents affrontements avaient éclaté après l'intervention de la police lors d'une cérémonie traditionnelle organisée à Buldhoqo, près de Balbala, en périphérie de la capitale Djibouti-Ville. Le bilan est contesté. Le gouvernement a évoqué sept personnes tuées ainsi que 23 civils et 50 policiers blessés. La FIDH estime quant à elle que les affrontements ont fait "au moins 27 morts et environ 150 blessés".

"On réclame une commission d'enquête internationale pour faire la lumière sur le massacre du 21 décembre", a déclaré à l'AFP Florent Geel, responsable Afrique de la FIDH.

A l'approche de l'élection présidentielle prévue en avril, "le dialogue politique est au point mort et on observe un accroissement de la répression à l'encontre des opposants mais aussi contre toutes les voix discordantes: journalistes, défenseurs des Droits de l'Homme, avec des arrestations, des procédures judiciaires abusives", a-t-il dénoncé.

Le 21 décembre, après les affrontements, la police a fait irruption lors d'une réunion de responsables de l'Union pour le salut national (USN), une coalition de sept partis d'opposition.

"Ils ont tiré avec des balles en résine et il y a eu trois blessés hospitalisés" dont le président de l'USN Ahmed Youssouf Houmed, a confirmé Florent Geel. L'un des blessés, l'ancien ministre des Affaires musulmanes Hamoud Abdi Souldan, a été arrêté après avoir été soigné et serait toujours détenu à la prison centrale de Gabode.

Le secrétaire général de l'USN, Abdourhaman Mohamed Guelleh, a lui aussi été interpellé est est écroué depuis le 21 décembre, selon l'USN.

Un membre fondateur de la Ligue djiboutienne des droits de l'Homme (LDDH - affiliée à la FIDH), Omar Ali Ewado, a lui été arrêté le 30 décembre après avoir publié un bilan actualisé des affrontements, selon l'USN et la FIDH.

Regrettant "des protestations de façade mais peu de véritables pressions" de la communauté internationale, la FIDH réclame son implication "dans l'organisation d'un processus électoral qui soit crédible, pluraliste, libre et transparent".

Au pouvoir depuis 1999, le président Ismaël Omar Guelleh devrait se présenter à l'élection d'avril, pour briguer un quatrième mandat. La Constitution, amendée en 2010, ne limite plus le nombre de mandats présidentiels.

Petit pays de la Corne de l'Afrique, à l'entrée de la mer Rouge et du Golfe d'Aden, Djibouti dispose d'une position stratégique dans la région entre le continent africain et la péninsule arabique.

Il accueille plusieurs bases militaires étrangères, notamment américaine et française, utilisées en particulier dans la lutte contre la piraterie maritime. Il fournit aussi un contingent de soldats à la force africaine en Somalie (Amisom) qui y combat les islamistes shebab.

Avec AFP

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