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Devant la Curie, le pape François affirme que rien n'arrêtera la réforme


Le pape François

Le pape François

Le souverain pontife a réaffirmé, dans ses voeux annuels à la Curie et au personnel du Saint-Siège, sa volonté de continuer de réformer avec "détermination" l'Eglise, en dénonçant les nouveaux scandales et en exaltant les "vertus nécessaires" pour exercer des responsabilités au Vatican.

"La réforme de la Curie (gouvernement de l'Eglise) ira de l'avant avec détermination, lucidité et résolution", a tout de suite prévenu le pape lors de ses voeux annuels, prononcés dans une atmosphère glacée dans la Salle Clémentine, aux cardinaux et évêques qui travaillent au Vatican.

François s'est excusé d'être grippé et de devoir prononcer ses discours assis.

Le pape argentin avait déclenché beaucoup d'hostilité au Vatican avec son discours de voeux de décembre dernier dans lequel il avait énuméré les "quinze maladies" qui menacent la Curie romaine. Beaucoup de cardinaux l'avaient estimé injuste et excessif.

Mais, depuis, de nouveaux scandales de corruption et le train de vie de luxe de certains cardinaux ont été dénoncés au sein du Vatican, notamment avec l'affaire des fuites de documents "Vatileaks" dans la presse italienne.

Celle-ci a vu l'arrestation d'un prélat espagnol, actuellement jugé au Vatican pour communication illégale de documents confidentiels, avec quatre autres personnes, dont une consultante et deux journalistes italiens.

Un prélat du Vatican avait en outre fait son "coming out" homosexuel juste avant le synode sur la famille en octobre.

Juste après le discours à la Curie, Jorge Bergoglio s'est adressé au personnel du Vatican rassemblé dans la grande salle Paul VI : « je veux vous demander pardon pour les scandales qu’il y a eu. Et je voudrais que mon attitude et votre attitude soient celles de prier pour les personnes impliquées, pour que ceux qui se sont égarés puissent retrouver la route juste", a-t-il dit.

Alors que de nombreuses tensions et frustrations marquent le Vatican en cette période de réforme, il a demandé aux employés de ne pas se décourager du "manque de reconnaissance" de leur labeur quotidien.

En décembre 2014, le pape avait dénoncé les quinze "maladies" de la Curie, parmi lesquels l'"Alzheimer spirituel", la mondanité et la corruption.

- des +antibiotiques+ pour guérir l'Eglise-

"Certaines de ces maladies se sont manifestées au cours de cette année, causant beaucoup de douleur à tout le corps (de l'Eglise) et blessant beaucoup d'âmes", a-t-il relevé dans son discours de lundi.

Le pape a cependant voulu se montrer plus encourageant devant une Curie qui lui est souvent hostile. Il a proposé des "antibiotiques" à ces maladies et énuméré un "catalogue des vertus nécessaires".

"Ce serait une grande injustice, a-t-il tenu à souligner, de ne pas exprimer une vive gratitude et un vif encouragement à toutes les personnes saines et honnêtes qui travaillent avec dévouement, dévotion, fidélité et professionnalisme".

Pour bien travailler à la Curie, il faut, a martelé Jorge Bergoglio, "la rationalité et l'amabilité", "la déférence", "l'exemplarité et la fidélité", "l'humanité", "l'honnêteté", "la fiabilité et la sobriété", "l'humilité", etc... Il a appelé les membres de son gouvernement à "n'être pas des robots qui n'entendent pas et ne s'émeuvent pas", à s'opposer "aux recommandations et aux faveurs", à éviter "les excès émotifs" et les "actions impulsives et précipitées".

Evoquant l'actuel "Jubilé de la miséricorde" qui s'est ouvert le 8 décembre dans les cathédrales des cinq continents, François a ajouté, s'adressant aussi aux centaines de milliers de prêtres, religieux et religieuses dans le monde: "Il est en réalité inutile d'ouvrir toutes les portes saines de toutes les basiliques du monde si la porte de notre coeur est fermée à l'amour, si nos mains sont fermées à donner, si nos maisons fermées à héberger, si nos églises sont fermées à accueillir".

Le pape a cité à la fin de son discours à la Curie un texte du nouveau bienheureux Oscar Arnulfo Romero, l'archevêque de San Salvador assassiné en 1980 par un commando d'extrême droite sur le thème de la "miséricorde": "nous sommes des ouvriers, pas des contremaîtres, des serviteurs, non pas le Messie!", a-t-il averti les princes de l'Eglise dans une dernière consigne d'humanité et d'humilité.

Avec AFP

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