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Deuxième échec pour la présidentielle en Grèce


La seconde tentative du parlement grec pour élire un président a échoué (Reuters)

La seconde tentative du parlement grec pour élire un président a échoué (Reuters)

Le troisième tour se tiendra le 29 décembre et ce jour-là, le seuil d'éligibilité sera abaissé à 180 voix. Si Stavros Dimas n'est pas élu, le parlement sera automatiquement dissous.

ATHENES (Reuters) - Le candidat de la coalition gouvernementale grecque, l'ancien commissaire européen Stavros Dimas, n'a pas pu être élu mardi au deuxième tour de la présidentielle au parlement grec, recueillant 168 voix alors qu'il lui en aurait fallu au moins 200.

Il a cependant gagné huit voix par rapport au premier tour, lors duquel 160 suffrages s'étaient portés sur son nom. On comptait mardi 131 votes blancs - ce qui équivaut à un non - et un absent.

Le troisième tour se tiendra le 29 décembre. Ce jour-là, le seuil d'éligibilité sera abaissé à 180 voix. Si Dimas ne peut alors être élu, le parlement sera automatiquement dissous et des élections législatives seront convoquées pour le début 2015.

Le parti de la gauche anti-austérité Syriza étant donné vainqueur par les sondages en cas de législatives anticipées, une telle perspective inquiète les marchés et les créanciers internationaux de la Grèce.

La Bourse d'Athènes était en recul de près de 2% à 13h00 GMT, deux heures et demie après l'annonce du résultat du vote.

Le Premier ministre grec, Antonis Samaras, a dit son espoir que le candidat du gouvernement puisse être élu au troisième tour, afin d'éviter le "danger" de législatives anticipées.

"J'espère qu'au troisième tour, nous éviterons un danger national", a-t-il déclaré aux journalistes juste après le deuxième tour.

SYRIZA VEUT "TOURNER LA PAGE"

Antonis Samaras a joué gros en avançant de deux mois la date de la présidentielle, qui devait normalement se tenir en février prochain et non pas en décembre.

La plupart des sondages montrent qu'une majorité de Grecs ne souhaitent pas d'élections anticipées et dans les couloirs du parlement, l'humeur des députés de la coalition gouvernementale s'est semble-t-il améliorée mardi, même si le résultat reste impossible à prédire.

"C'est certainement un meilleur résultat, mais cela reste insuffisant", a commenté le ministre de l'Education Andreas Loverdos, qui souligne que les tractations d'ici au 29 décembre devront être transparentes pour éloigner tout soupçon de corruption. Un élu du parti des Grecs indépendants a porté plainte la semaine dernière pour tentative d'achat de voix.

Pour réunir un minimum de 180 voix au troisième tour la semaine prochaine, le gouvernement devra puiser dans les rangs des indépendants, qui sont au nombre d'une vingtaine, ou de possibles dissidents parmi la vingtaine d'élus que comptent deux partis - la Gauche démocratique et les Grecs indépendants.

La Gauche démocratique, qui a été partenaire de la coalition au pouvoir (conservateurs et socialistes) entre 2012 et 2013, de même que les Grecs indépendants, un parti de droite nationaliste hostile aux conditions posées par les créanciers internationaux, ont annoncé qu'ils ne voteraient pas pour Stavros Dimas.

Mais on ignore s'ils parviendront à imposer cette consigne à tous leurs élus. A quelques minutes du vote de mardi, deux députés de la Gauche démocratique ont ainsi annoncé qu'ils quittaient leur parti pour se ranger parmi les indépendants.

Quant au chef de file de Syriza, Alexis Tsipras, il a estimé que des élections législatives anticipées seraient inévitables en 2015.

"Avec la nouvelle année, notre pays va tourner la page par un vote populaire fort en faveur de véritables négociations (sur le plan d'aide à la Grèce). Soyons optimistes, ça marchera", a-t-il dit.

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