Liens d'accessibilité

Deux témoins à charge mis à mal au procès de Simone Gbagbo


L’ancienne première dame de la Côte-d'Ivoire, Simone Gbagbo, à gauche, est accompagnée de son avocat, au premier jour de son procès à la Cour Abidjan Justice, Côte-d'Ivoire, 31 mai 2016.

L’ancienne première dame de la Côte-d'Ivoire, Simone Gbagbo, à gauche, est accompagnée de son avocat, au premier jour de son procès à la Cour Abidjan Justice, Côte-d'Ivoire, 31 mai 2016.

Les déclarations de deux témoins à charge ont été mises à mal par la défense et par le juge au procès pour crimes contre l'humanité de Simone Gbagbo, l'ex-première dame de Côte d'Ivoire, qui s'est poursuivi mardi à Abidjan.

Issouf Traoré, menuisier, qui s'est constitué partie civile pour obtenir des dédommagements après des blessures par balles subies le 16 décembre 2010, a été malmené mardi par les avocats de Mme Gbagbo.

M. Traoré a assuré à la barre avoir participé, le 16 décembre 2010, à une marche sur la radio-télévision RTI (télévision d'Etat) à Abidjan, dont la dispersion avait provoqué la mort d'au moins onze personnes, lors de la crise post-électorale de 2010-2011.

Interrogé par le juge Boiqui Kouadjo qui lui demandait de prouver sa présence à cette manifestation, le témoin a répondu en montrant "ses blessures et un certificat médical datant de 2014".

"Pourquoi avoir attendu quatre ans pour te faire délivrer ce papier?", a questionné le juge. "C'est mon père qui m'a demandé de le faire", a répondu le témoin, provoquant la colère des avocats de la défense qui dénoncent "du faux et usage de faux".

Le témoignage d'Assata Silué, policière - qui s'est constituée partie civile après le décès de son frère intervenu au moment de la chute de Laurent Gbagbo (ex-président ivoirien et mari de Simone) en avril 2011 - a également été critiqué.

Selon les avocats de la défense, la policière a présenté devant le juge d'instruction un certificat de décès de son frère dont la date ne concorde pas avec celle fournie lors de son témoignage à la barre mardi. "Vous faites des déclarations mensongères", a lancé le juge à la policière, qui a éclaté en sanglots.

La cour d'assises d'Abidjan juge depuis le 31 mai Mme Gbagbo, 67 ans, pour crimes contre l'humanité, crimes contre les prisonniers de guerre et crimes contre les populations civiles, commis lors de la crise post-électorale. Cette crise avait été provoquée par le refus de M. Gbagbo de reconnaître la victoire de son rival Alassane Ouattara à la présidentielle de novembre 2010.

Me Félix Bobré, l'un des avocats de la défense, a indiqué qu'"une vingtaine de témoins de la défense, dont de nombreuses autorités militaires", seraient appelés à témoigner dans les jours à venir.

Me Soungalo Coulibaly, l'un des avocats de l'Etat ivoirien, a estimé mardi auprès de l'AFP que ce procès était "de plus en plus intéressant". "D'ici fin novembre, on pourra finir", a-t-il ajouté.

Avec AFP

XS
SM
MD
LG