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Deux soldats nigérians tués par des pirates dans le Golfe de Guinée


Des membres des forces spéciales nigérianes et un équipage de marins américains à bord du NNS Burutu lors d’un exercice de formation contre les attaques des pirates le long de la côte de l'Afrique de l'Ouest, 13 février 2010.

Deux soldats nigérians de la force déployée dans le Delta du Niger (sud du Nigeria) ont été tués mercredi par des pirates des mers, et trois grièvement blessés, a révélé jeudi l'armée nigériane.

"Nos troupes déployées (dans la région marécageuse du Delta) ont répondu à un appel de détresse d'un bateau attaqué par des pirates, et se sont engagés dans de violents combats", rapporte Abubakar Abdullahi, porte-parole de la Joint Task Force, une section de l'armée nigériane active dans la région.

"Malheureusement, deux de nos soldats ont payé le prix suprême de leur patriotisme, et trois autres souffrent de blessures par balle", poursuit-il dans un communiqué, ajoutant qu'ils étaient hospitalisés.

Les attaques contre les installations pétrolières dans cette région, particulièrement nombreuses au cours de l'année 2016, ont fortement diminué depuis que le gouvernement nigérian s'est engagé dans des pourparlers avec des groupes rebelles revendiquant un meilleur partage des richesses.

Le sud-est du Nigeria, plus grande réserve d'hydrocarbures du continent, est toutefois gangréné par des groupes armés aussi bien à l'intérieur du Delta - composé d'innombrables lagunes et marécages -, qu'en mer, où des piratent attaquent régulièrement des cargos.

En février, 7 marins russes ont été enlevés avant d'être relâchés un mois plus tard.

L'autre problème auquel doit faire face l'armée nigériane est la multiplication des "raffineries illégales", où des groupes puisent le pétrole directement depuis les oléoducs pour le raffiner de manière artisanale.

Ce commerce illégal très lucratif finance notamment d'autres activités criminelles. Dans son communiqué, M. Abdullahi souligne que l'armée nigériane a détruit 13 raffineries illégales mercredi, au cours de manœuvres habituelles qui causent généralement le mécontentement et la rancœur des populations locales.

Le Golfe de Guinée est devenu le nouvel épicentre de la piraterie maritime mondiale, devant la Somalie, et "comptait plus de la moitié des kidnappings au monde perpétrés en mer en 2016", avec 34 marins enlevés dans les eaux d'Afrique de l'Ouest, selon Barthélemy Bléde, chercheur en sécurité maritime pour l'Institute for Security Studies.

A lui seul, le Nigeria a enregistré 36 attaques en 2016, contre 14 en 2015.

Plus de 40 pays africains, réunis en sommet en octobre à Lomé à la demande de l'Union Africaine, ont adopté une charte contraignante sur la sûreté et la sécurité maritime.

Une priorité pour le continent africain: 92% des marchandises importées ou exportées qui transitent par la mer.

Avec AFP

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