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Deux responsables islamistes mis en cause dans une affaire de mœurs au Maroc


Une femme marche sur une rue dans une banlieue ouvrière de Marrakech, au Maroc, 28 avril 2008.

Une femme marche sur une rue dans une banlieue ouvrière de Marrakech, au Maroc, 28 avril 2008.

Deux responsables de l'aile religieuse du parti islamiste à la tête du gouvernement au Maroc ont été "suspendus" pour "faute gravissime", des informations de presse faisant état de leur arrestation par la police "dans une posture sexuelle".

M. Moulay Omar Benhammad et Mme Fatima Nejjar, tous deux vice-présidents du Mouvement unicité et réforme (MUR), ont été "suspendus de toutes les structures du mouvement", a annoncé le MUR dans un communiqué, à l'issue d'une réunion d'urgence de son bureau exécutif.

"La faute gravissime" commise par ces deux personnes "est une violation des principes du mouvement, de ses orientations et de ses valeurs", selon ce communiqué.

Le MUR est l'aile religieuse et le bras idéologique du PJD, Parti justice et développement, à la tête du gouvernement de coalition marocain depuis fin 2011.

L'affaire a été révélée par un site en ligne privé, Al Ahdath, selon lequel M. Benhammad et Mme Nejjar ont été interpellés samedi à l'aube par la police sur une plage de Mohammedia (58km au sud de Rabat) alors qu'ils se trouvaient "dans une posture sexuelle" à bord d'une grosse cylindrée.

Pour sa défense, M. Benhammad, 63 ans, marié et père de sept enfants, a affirmé être lié à Mme Nejjar, une veuve de 62 ans et mère de six enfants, par un mariage "coutumier", selon le journal.

Le procureur leur a accordé la liberté provisoire.

La femme devrait comparaître en justice début septembre pour complicité d'adultère. M. Benhammad ne sera lui pas poursuivi pour adultère, son épouse légitime n'ayant pas donné suite, mais pour "tentative de corruption" sur les policiers qui l'ont interpellé, précise encore Al Ahdath.

La loi marocaine punit les relations extra-conjugales d'un mois à un an de prison.

Tous deux sont des personnalités de premier plan au sein du MUR et de la mouvance islamiste PJD, Mme Nejjar étant connue pour son activisme au sein des associations féminines.

Lundi, les réseaux sociaux commentaient abondamment l'affaire, certains se faisant un plaisir de rediffuser les vidéos sur internet de la vice-présidente du MUR dans lesquelles elle appelait, entièrement voilée, les étudiantes à ne pas céder "à la tentation et au vice".

Selon le site d'information indépendant Le Desk, qui cite une "source proche du PJD et du MUR", les deux mis en cause avaient depuis six mois le projet de se marier légalement, mais leur famille respective aurait désapprouvé cette union.

Lundi matin, des sources proches du MUR et du PJD commençaient à avancer la thèse d'un complot.

Dans un article sur internet, le principal idéologue de ces mouvements, Ahmed Raïssouni a dénoncé une "machination policière", et l'exploitation par la police de "l'attitude de ces deux personnes, un peu trop impatientes de se marier légalement".

Cette affaire, embarrassante pour le PJD, intervient à un mois et demi des élections législatives, à l'issue desquelles il entend bien conserver le pouvoir, face à son principal adversaire du Parti authenticité et modernité (PAM, libéral).

Avec AFP

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