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Deux opposants à la nouvelle Constitution brièvement interpellés en Côte d'Ivoire


Aboudramane Sangaré, leader des "frondeurs" du Front Populaire Ivoirien (FPI, au centre, salue la foule lors d'un meeting de l'opposition à Koumassi, à Abidjan, 27 juin 2015.

Aboudramane Sangaré, leader des "frondeurs" du Front Populaire Ivoirien (FPI, au centre, salue la foule lors d'un meeting de l'opposition à Koumassi, à Abidjan, 27 juin 2015.

Deux dirigeants du Front du refus, une coalition d'opposition qui avaient appelé à manifester samedi à Abidjan contre la nouvelle Constitution ont été brièvement interpellés la veille par la police, a annoncé leur avocat, Me Toussaint Dako.

Aboudramane Sangaré, leader des "frondeurs" du Front Populaire Ivoirien (FPI), fondé par l'ancien président Laurent Gbagbo et l'ex-président de l'Assemblée nationale, Mamadou Koulibaly "ont été entendus pendant trois heures vendredi nuit par la police" a expliqué Me Dako.

Ces deux responsables ont été interrogés au sujet d'une manifestation qu'ils projetaient d'organiser ce samedi, appelant les "Ivoiriens à se dresser contre la nouvelle Constitution" a-t-il ajouté.

Vendredi, le Conseil constitutionnel ivoirien a validé la victoire du "oui" au référendum sur la nouvelle constitution voulue par le président Alassane Ouattara.

"Le projet de Constitution est adopté par 93,42% des voix contre 6,58% et devient la Constitution de la République de Côte d'Ivoire", selon le texte lu par Mamadou Koné, le président du Conseil constitutionnel, qui a donc confirmé les résultats annoncés par la Commission électorale indépendante (CEI).

La Côte d'Ivoire va donc entrer dans sa IIIe République dès la promulgation du texte par le président. "Cela devrait se faire rapidement", avait affirmé jeudi le porte-parole du gouvernement Bruno Koné.

Selon le pouvoir, la nouvelle Constitution doit permettre de tourner la page d'une décennie de crise politico-militaire notamment en évacuant le concept d'"ivoirité" et en clarifiant les conditions d'éligibilité du président.

Ses détracteurs avaient reproché à M. Ouattara son origine burkinabè et contesté son éligibilité (il n'avait pu se présenter que grâce à un décret). Ce concept d'"ivoirité" a miné la stabilité du pays pendant plus de dix ans.

L'opposition qui juge le texte "rétrograde" et "monarchique" a rappelé à maintes reprises qu'elle n'avait pas été consultée, et accuse le pouvoir de "clientélisme" et d'organiser la succession d'Alassane Ouattara.

Avec AFP

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