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Trois militaires américains tués sur une base militaire en Jordanie


Exercice militaire conjoint entre soldats jordaniens, américains et irakiens au King Abdullah Special Operations Training Center (KASOTC) d'Amman, 20 juin 2013

Exercice militaire conjoint entre soldats jordaniens, américains et irakiens au King Abdullah Special Operations Training Center (KASOTC) d'Amman, 20 juin 2013

Trois militaires américains ont été tués dans une fusillade à l'entrée d'une base militaire jordanienne dans le sud du royaume, dans des circonstances qui demeurent encore floues.

"Trois soldats américains ont été tués dans une fusillade" près d'une base militaire jordanienne, a indiqué le porte-parole du Pentagone, Peter Cook.

"Les premières informations indiquent qu'ils ont essuyé des tirs alors qu'ils entraient dans la base avec des véhicules", a-t-il précisé, ajoutant que ces soldats étaient en "mission de formation" mais sans fournir d'autre détail.

L'armée jordanienne a précisé de son côté qu'un officier jordanien avait été blessé dans cette fusillade survenue à l'entrée de la base aérienne du roi Faisal, à al-Jafr.

Responsables jordaniens et américains ont confirmé qu'il y avait eu des échanges de coups de feu entre Jordaniens et Américains.

"Il n'y a rien pour l'instant qui suggère" qu'il y a eu une volonté "délibérée" de tuer les Américains, ont indiqué deux responsables américains interrogés par l'AFP, l'un d'eux avançant la possibilité d'un "malentendu".

L'armée jordanienne a expliqué de son côté que l'échange de tirs avait eu lieu "après la tentative d'un véhicule de formateurs d'entrer dans la base".

Dans une première version, l'armée jordanienne avait rapporté que la fusillade s'était produite quand les formateurs américains avaient ignoré les ordres des gardes de la base qui leur demandaient de s'arrêter.

"Les Etats-Unis sont bien intéressés de savoir ce qu'il s'est passé exactement", a déclaré à Washington le porte-parole de la Maison Blanche Josh Earnest, précisant que les victimes étaient en Jordanie dans le cadre d'une "mission de formation en cours".

Une "enquête conjointe" sera menée par Amman et Washington pour déterminer les circonstances et les causes de l'incident, a déclaré à l'AFP une source gouvernementale.

Interrogée au sujet de la thèse d'une attaque terroriste, cette source a indiqué que "l'incident semble différent des méthodes utilisées dans les attaques terroristes". Mais "il faut attendre les résultats de l'enquête", a-t-elle souligné.

L'ambassade des Etats-Unis en Jordanie a reconnu un "incident de sécurité impliquant du personnel américain" dans une déclaration reçue par l'AFP, sans donner d'autres détails.

Un responsable jordanien a déclaré à l'AFP que la base du roi Faisal servait de camp d'entraînement pour des militaires de "différentes nationalités", sans donner d'autres précisions.

La Jordanie, un des principaux alliés de Washington dans la région, entretient des relations très étroites avec les Etats-Unis, notamment dans le domaine militaire.

Par ailleurs, le royaume participe activement à la coalition internationale conduite par Washington contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI) en Syrie et en Irak, deux pays voisins de la Jordanie. Et, comme la France, Washington y a déployé des avions pour mener ces opérations.

En 2015, l'armée américaine, qui compte près de 2.200 militaires dans le royaume, avait annoncé le début d'un programme de formation de rebelles syriens modérés en Jordanie pour lutter contre l'EI. Washington y a entraîné aussi des membres des services de sécurité palestiniens et irakiens.

En novembre 2015, deux formateurs américains et un Sud-africain avaient été tués par un policier jordanien dans un centre d'entraînement de la police à l'est d'Amman. Cette attaque n'avait pas été revendiquée.

La Jordanie a été cet été le théâtre de deux attentats: l'un contre les services de renseignements, qui a fait cinq morts, et l'autre contre des gardes frontières, revendiqué par l'EI, qui avait tué sept personnes.

Avec AFP

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