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Deux Américains, accusés en rapport avec la tentative de coup en Gambie


La maison de Papa Faal à Brooklyn Center, dans le Minnesota (AP)

La maison de Papa Faal à Brooklyn Center, dans le Minnesota (AP)

Cherno Njie, 57 ans, et Papa Faal, 46 ans, ont été placés en garde à vue après avoir comparu lundi devant la justice.

Deux citoyens américains sont accusés d'avoir trempé dans la tentative de coup d’Etat en Gambie la semaine dernière.

Selon le ministère américain de la Justice, Cherno Njie, 57 ans, et Papa Faal, 46 ans, ont été placés en garde à vue après avoir comparu lundi devant la justice. M. Njie a été traduit devant un juge à Baltimore, dans le Maryland, et M. Faal a comparu devant un tribunal de Minneapolis, dans le Minnesota, précise l’agence Reuters.

Les deux hommes sont accusés de complot en vue de violer la loi des États-Unis sur la neutralité, et de possession d'armes à feu.

Selon le ministère de la Justice, Njie et Faal se sont rendus en Gambie en décembre dans le but de renverser le gouvernement. Avec d'autres co-conspirateurs, ils auraient acheté des armes, y compris des fusils semi-automatiquesde type M4, et les auraient envoyés en Gambie.Si le complot visant à renverser le président Yahya Jammeh avait réussi, M. Njie aurait pris la tête du pays.

La police fédérale, le FBI (Federal Bureau of Investigation), a perquisitionné au domicile de M. Faal dans le Minnesota, ce qui a permis de découvrir des manuels du M4, des reçus et des images satellitaires de la Gambie dans un dossier marqué « Top secret », affirme le ministère de la Justice.

Des agents du FBI ont également fouillé les résidences de Njie à Austin et à Lakeway, au Texas, et ont trouvé des documents manuscrits, une feuille de calcul pour les achats d’armes et d’équipements, et un document décrivant un programme de transition pour la Gambie.

Le ministère de la Justice précise que quand la tentative de coup d'Etat a été déjouée, les deux hommes sont rentrés aux États-Unis. La Voix de l’Amérique (VOA) a cherché à contacter M. Faal lundi sur son portable, mais une femme a répondu, et a suggéré que la VOA prenne contact avec l’avocat du suspect.

« La tentative de coup a été le fruit de plus de vingt années d'abus de Jammeh. Les Gambiens n’ont pas demandé à Jammeh de les diriger. Il s’est imposé au peuple gambien en renversant le gouvernement démocratiquement élu qui était en place », a déclaré Pa Samba Jow, un porte-parole de l'Union démocratique des militants gambiens. M. Jow a dit connaitre M. Faal, l'un des accusés.

« C’est un type très droit et patriotique, un homme très honnête et un homme qui a perdu son pays », a-t-il dit. « Il faisait son doctorat, il a écrit un livre: "Une semaine en enfer", sur le coup d'Etat avorté de 1981 [en Gambie]. C’est une personne très active au sein de la communauté dans le Minnesota. C’est un type généreux qui croit en la démocratie et déteste les abus contre d'autres êtres humains », a dit M. Jow.

Tamsir Jasseh de l'Association gambienne pour la paix et la réconciliation, dont le siège se trouve à Atlanta, en Géorgie, a déclaré à la VOA que personne n’a été surpris par la tentative de coup.

« Chaque méthode démocratique et juridique pour effectuer un changement en Gambie est bloquée par la façon dont M. Jammeh gouverne le pays, et les gens sont obligés d'envisager d'autres façons de se libérer », a-t-il estimé.

M. Njie est un citoyen américain d'origine gambienne et un résident d'Austin, au Texas. Il est président de la société Songhaï Development Co. LLC à Austin, qui se spécialise dans la construction de logements multifamiliaux, y compris des communautés de retraités.

M. Faal possède la double nationalité – américaine et gambienne - et habite Brooklyn Center, dans le Minnesota. Un responsable du Pentagone a déclaré qu’il a servi dans l’armée américaine, en tant un sergent, notamment en Afghanistan, avant son retour à la vie civile en 2012.

Entre-temps en Gambie, les arrestations se poursuivent en rapport avec la tentative de coup d’Etat.

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