Liens d'accessibilité

Désaccords à l'ONU sur le scandale des Casques bleus accusés d'abus sexuels


Des casques bleus à Bangui, République centrafricaine, le 30 décembre 2015. REUTERS/Media Coulibaly - RTX20IPW

Des casques bleus à Bangui, République centrafricaine, le 30 décembre 2015. REUTERS/Media Coulibaly - RTX20IPW

Des désaccords agitent le Conseil de sécurité de l'ONU sur un projet de résolution face à la multiplication des cas d'abus sexuels imputés à des Casques bleus, la Russie, l'Egypte et plusieurs pays africains s'opposant à ce texte proposé par Washington, ont rapporté des diplomates.

La résolution a été proposée vendredi dans la foulée d'un rapport du secrétaire général Ban Ki-moon ayant recensé 69 cas d'abus sexuels qui auraient été commis par des Casque bleus en 2015, une "nette augmentation" par rapport à 2014.

Ce texte proposé par Washington prévoit de rapatrier des contingents entiers de Casques bleus soupçonnés d'abus sexuels. Il s'agit ainsi de faire pression sur les pays fournisseurs de troupes, auxquels il incombe d'enquêter et de sanctionner pénalement les coupables.

Des diplomates américains espéraient un vote jeudi, mais après cinq heures de discussions sur le sujet cette semaine, les différences persistent.

Le texte, dont l'AFP a obtenu une copie mercredi, autorise le secrétaire général de l'ONU à "remplacer toutes les unités militaires et/ou de police" d'un pays fournisseur de troupes, si ce dernier ne prend aucune mesure pour traduire en justice les responsables d'abus.

L'ambassadeur britannique Matthew Rycroft a salué l'initiative, exhortant l’adoption "sans délai" du texte. La Russie et l'Egypte pour leur part ont estimé que ce problème devait être traité par l'Assemblée générale et non par le Conseil de sécurité, selon plusieurs diplomates.

Il s'agirait en fait selon un diplomate, d'une stratégie pour bloquer la mesure du fait qu'elle imposerait de nouvelles obligations aux pays.

Le texte "fera la différence. Il s'agit de changer la culture" de l'inaction au sein des Nations unies, a espéré un diplomate du Conseil de sécurité, sous couvert d'anonymat.

Ban Ki-moon doit s'exprimer sur le sujet jeudi devant le Conseil de sécurité. Il devra notamment expliquer pourquoi il a choisi d'identifier dans son rapport la nationalité de tous les Casques bleus accusés.

Sur les 69 cas recensés en 2015 dans ce document, plus de la moitié ont été enregistrés dans deux missions de maintien de la paix de l'ONU : la Minusca en Centrafrique et la Monusco en RDC. Des soldats ou policiers de 21 pays sont mis en cause dans le rapport.

Quelque 122 pays fournissent 125.000 soldats et policiers aux différentes missions de l'ONU à travers le monde.

Avec AFP

XS
SM
MD
LG