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Des victimes de l'accident du train au Cameroun portent plainte contre Camrail


Les rescapés se tiennent à côté des wagons déraillés après l’accident d’un train a l’entrée de la gare Eseka, au Cameroun, 21 octobre 2016.

Les rescapés se tiennent à côté des wagons déraillés après l’accident d’un train a l’entrée de la gare Eseka, au Cameroun, 21 octobre 2016.

Vingt-huit victimes de la catastrophe ferroviaire qui a fait près de 80 morts au Cameroun fin octobre ont porté plainte contre les dirigeants de la compagnie Camrail, propriété du groupe français Bolloré, pour "défaillances et négligences", a déclaré vendredi un de leurs avocats.

"Nous avons porté plainte auprès du parquet des tribunaux de première et grande instance d'Eséka", ville du centre du pays où le déraillement s'est produit, a affirmé à l'AFP Me Guy Olivier Moteng, membre d'un collectif d'avocat créé pour défendre les victimes de l'accident.

Le train bondé de voyageurs a déraillé le 21 octobre à hauteur d'Eséka quelques heures après son départ de Yaoundé pour Douala. Au moins 79 personnes sont mortes et près 600 autres ont été blessées dans l'accident.

"Il s'agit d'une plainte collective représentant 28 personnes qui se sont signalées auprès du collectif jusqu'à présent", a-t-il ajouté.

Ces personnes sont les ayants-droits de certains décédés, des blessés et des victimes d'un traumatisme à la suite de la catastrophe, selon Me Moteng.

La plainte vise "Camrail, ses dirigeants et le conducteur du train", a détaillé l'avocat. Camrail appartient à 77,4% à SCCF (Groupe Bolloré), 13,5% à l'Etat camerounais, 5,3% à Total Cameroun et 3,8% à SEBC (Groupe Thanry), lit-on sur son site.

Dans la plainte, "nous pointons des défaillances, des négligences et omissions de porter secours" aux accidentés, a poursuivi l'avocat.

"Nous travaillons avec des experts et sommes en mesure d'affirmer sans risque de nous tromper que le système de freinage (du train) était défaillant", a-t-il accusé.

Depuis l'accident, de nombreux voyageurs présents dans le train et des experts cités par des médias locaux ont mis en cause le système de freinage.

Une information judiciaire devrait être ouverte à la suite d'une enquête et ce n'est qu'au terme de ces procédures que le parquet d'Eséka dira si un procès sera ouvert ou pas. D'autres collectifs de victimes envisagent également de saisir la justice, selon des avocats joints par l'AFP.

Avec AFP

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