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Des troupes éthiopiennes se retirent d'une ville du centre de la Somalie


Un soldat somalien gardent les corps des victimes de l'attaque à la voiture piégée revendiquée par les shebab près de l'hôtel Nasahablood à Mogadiscio en Somalie, le 26 juin 2016.

Un soldat somalien gardent les corps des victimes de l'attaque à la voiture piégée revendiquée par les shebab près de l'hôtel Nasahablood à Mogadiscio en Somalie, le 26 juin 2016.

Des centaines de soldats éthiopiens opérant dans le cadre de la force de l'Union africaine en Somalie (Amisom) se sont retirés mardi d'une ville du centre du pays, qui a été immédiatement reprise par les militants islamistes shebab.

Les troupes éthiopiennes ont quitté la ville d'El-Ali, dans la région d'Hiran, après que leur base eut été attaquée à coups de mortiers par les shebab dans la nuit, a annoncé à l'AFP un responsable sécuritaire régional, Abdirisak Moalim Ahmed.

Le départ des Ethiopiens a permis aux shebab de reprendre le contrôle d'El-Ali, selon la même source.

"Les troupes éthiopiennes se sont retirées d'El-Ali tôt ce matin", a déclaré M. Ahmed, qui ne connaissait pas les raisons de ce retrait. "Ils se sont dirigés vers Beledweyne et la ville (El-Ali) a déjà été prise par les militants shebab", a-t-il indiqué.

La capitale provinciale Beledweyne est située à 300 km au nord de la capitale somalienne Mogadiscio et à une trentaine de km de la frontière éthiopienne.

El-Ali est la seconde localité abandonnée par les troupes éthiopiennes dans la région ces dernières semaines, après la localité voisine de Moqokori (située à 150 km au sud-est de Beledweyne).

Aucune explication n'a été fournie par l'armée éthiopienne sur les raisons de ce départ. Et le porte-parole de l'Amisom n'a pas répondu aux demandes de précisions de l'AFP.

Ce retrait intervient deux jours après l'instauration en Ethiopie de l'état d'urgence pour une période de six mois, afin de faire face à un mouvement de contestation anti-gouvernementale sans précédent depuis 25 ans. Mais il n'était pas possible d'établir un lien direct entre les deux événements.

"Ils continuent à créer du vide et à laisser l'opportunité aux militants (shebab) de reprendre les villes libérées", a déploré M. Ahmed. Les shebab, affiliés à Al-Qaïda, ont confirmé la prise de la ville sur leur compte Telegram.

L'Ethiopie a déployé quelque 4.400 hommes en Somalie. Ils comptent parmi les 22.000 soldats de l'Amisom, qui aident l'embryon d'armée somalienne à combattre les shebab.

La mission de l'UA entend se retirer progressivement de Somalie à partir d'octobre 2018. Confrontés à la puissance de feu supérieure de l'Amisom, déployée en 2007, les shebab ont été chassés de Mogadiscio en août 2011.

Ils ont ensuite perdu l'essentiel de leurs bastions, mais ils contrôlent toujours de vastes zones rurales d'où ils mènent des opérations de guérilla et des attentats-suicides, souvent jusque dans la capitale. Ces derniers mois, ils ont revendiqué des opérations spectaculaires, tant à Mogadiscio que contre des bases de l'Amisom.

Avec AFP

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