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Des robots pour réguler la circulation routière en Afrique


L’initiative est une première en Afrique. Sa conceptrice, l’ingénieure Thérèse Iza Kirongozi a expliqué à la VOA comment elle est arrivée à cette réalisation, étant une femme vivant dans une région d'Afrique où de nombreuses personnes de son genre, victimes de violence sexuelles, sont encore reléguées à des rôles secondaires.

Sur le boulevard Lumumba ou sur d’autres grandes artères de Kinshasa ou de Lubumbashi, en République Démocartique du Congo, il est rare de passer sans remarquer la présence des robots régulant la circulation.

Le gouvernement est en train d’installer une trentaine de ces robots dotés de caméras dans la capitale congolaise.

Ces robots à la forme humanoide, peuvent communiquer de façon limitée avec les usagers de la route.

Thérèse Kirongozi explique que l’idée de fabriquer des robots est partie d’une révolte en elle-même. Elle se dit indignée de constater que de nombreuses femmes qui ont étudié comme elle pour être ingénieures, finissent souvent derrière des étalages du marché à vendre de petits articles.

Elle n’a pas su trouver un travail qui équivaille à ses études après avoir décroché un diplôme d’ingénieur en électronique au début des années 2000. Alors, elle s’est lancée dans les affaires.

Un centre récréatif pour enfants avec des manèges électroniques qu’elle a, elle-même, fabriqués, était sa première trouvaille.

Puis elle s’est orientée vers une chaine de restaurant et bistrots avant de mettre sur pied une ONG pour encadrer les jeunes femmes diplômées contraintes à ranger leur parchemin dans le placard pour se livrer contre leur gré à de petits commerces.

"Nous sommes tous égaux en compétences -femmes ou hommes, c’est pour cela que je me suis battue de toutes mes forces pour sortir la tête du lot, utiliser ma connaissance et être comptées parmi les hommes", affirme l’ingénieure.

En créant ces robots, le souci de Mme Kirongozi était premièrement de réduire le nombre de cas d’accidents sur les routes de grandes villes qui s’élargissent avec la modernisation, atteignant parfois six bandes. Pour elle, faire bénéficier l’économie du pays des entrées que peuvent permettre les routes, était également un autre souci.

"Il y a 26 personnes tuées par heure en Afrique, il fallait absolument faire quelque chose pour arrêter si pas réduire ces cas d’accidents et les robots peuvent contribuer à cela", déclare Mme Kirongozi.

Avec une armature en aluminium, ces robots sont fabriqués par des femmes et des jeunes congolais.

Thérèse Kirongonzi qui s’était lancée, deux ans plutôt, dans l’aventure avec seulement l’appui de son mari commence un peu à sourire avec la commande du gouvernement.

Mais elle voit large et affirme être en négociations avec certains pays d’Afrique comme l’Angola, le Nigeria et la Cote d’Ivoire où les robots peuvent contribuer au développement et régler les problèmes communs à tout le continent, relatifs à la route.

"Il faudrait qu’on appuie les initiatives locales et pas seulement attendre que l'étranger… Nous cherchons de grandes entreprises qui peuvent nous ravaler pour agrandir ce que nous faisons car le marché est vaste dans le continent et ailleurs", soutient-elle.

Selon elles, ses nouveaux robots seront aussi utiles à la sécurité car ils sont dotés de caméras de surveillance.

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