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Des réfugiés érythréens manifestent en Israël contre la dictature dans leur pays


Plusieurs centaines de demandeurs d'asile érythréens en Israël ont manifesté en tenant des pancartes pour soutenir le nouveau rapport de l'ONU sur l'Erythrée sur les crimes comis par les belligerents du pays, Israël, le 21 juin 2016.

Plusieurs centaines de demandeurs d'asile érythréens en Israël ont manifesté en tenant des pancartes pour soutenir le nouveau rapport de l'ONU sur l'Erythrée sur les crimes comis par les belligerents du pays, Israël, le 21 juin 2016.

Plusieurs centaines de demandeurs d'asile érythréens en Israël ont manifesté mardi près de Tel-Aviv leur soutien à la commission d'enquête de l'ONU sur les violations des droits de l'Homme commises par le régime érythréen, l'un des plus répressifs au monde.

"Dictateur dehors", "Vive Genève", ont crié les manifestants, poing levé et casquettes bleues à l'effigie de l'ONU sur la tête, lors d'un rassemblement dans le calme à Ramat Gan près de Tel-Aviv au pied de la tour abritant la représentation de l'Union Européenne, une institution sur laquelle ils comptent pour soutenir leurs demandes d'asile, a constaté une journaliste de l'AFP.

La Commission d'enquête sur les violations des droits de l'homme en Erythrée, mise en place en 2014 par l'ONU, a accusé début juin le régime érythréen de crimes contre l'humanité à grande échelle et recommandé que le dossier soit porté devant la Cour pénale internationale (CPI).

"Nous venons apporter notre soutien à cette commission d'enquête qui a fait la lumière sur un fait: l'Érythrée est une dictature, où les gens sont tués ou disparaissent, où il n'y a pas de médias libres, et où l'on enrôle de force dans l'armée", a dit à l'AFP l'un des organisateurs, Bluts Iyassu, demandeur d'asile érythréen réfugié en Israël depuis trois ans.

La commission onusienne, qui n'a pas été autorisée à se rendre en Erythrée par le régime en place depuis près de 25 ans, a interrogé 833 Erythréens en exil et réuni des dossiers de preuves à l'encontre des responsables soupçonnés d'avoir commis ces crimes contre l'humanité tels que l'esclavage, la torture, les privations de liberté, les disparitions forcées, la persécution, le viol et le meurtre.

Cette situation pousse à la fuite d'Erythréens par milliers de ce petit pays de la Corne de l'Afrique qui a acquis son indépendance en 1991, après une guerre de trente ans contre l'Ethiopie, et qui est dirigé d'une main de fer depuis 1993 par le président Issaias Afeworki.

"Pour une marche comme celle-là, nous serions déjà morts en Erythrée", dit M. Iyassu, ancien enseignant, qui affirme avoir passé des années dans les geôles du régime en tant qu'opposant politique.

En 2015, plus de 47.000 Érythréens ont demandé l'asile en Europe et la commission d'enquête demande aux pays de leur accorder le statut de réfugiés. Les Érythréens trouvent surtout refuge en Suède, en Allemagne, en Suisse et aux Pays-Bas.

En Israël, où ils arrivent par la terre, via l'Egypte, au terme d'un dangereux périple, ils seraient 36.000 selon l'ONU, à réclamer ce statut.

Le rapport d'enquête devait être examiné mardi devant le Conseil des droits de l'Homme à Genève.

Avec AFP

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