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Des militants "pro-life" polonais demandent l’interdiction totale de l’avortement


Manifestation pour une plus grande accessibilité à l'avortement, Varsovie, Pologne, 6 mars 2016

Manifestation pour une plus grande accessibilité à l'avortement, Varsovie, Pologne, 6 mars 2016

Une organisation a déposé au Parlement polonais une proposition de loi visant à interdire l'IVG, même en cas d’inceste et de viol, alors que la loi en vigueur est déjà très restrictive.

Les promoteurs du texte déposé, la Fondation Droit à la Vie, ont collecté 450.000 signatures pour l'appuyer, alors que 100.000 sont suffisantes pour le proposer au Parlement. Ils demandent que les personnes qui pratiquent l'IVG encourent des peines de prison allant de trois mois à cinq ans de réclusion.

Le même texte oblige l'Etat et les collectivités locales à fournir des aides financières aux femmes et aux familles pour élever les enfants handicapés.

Selon la Fondation, l'IVG pourrait être pratiquée légalement uniquement pour préserver la vie de la mère, alors que la loi de 1993 l'autorise dans trois cas: risque pour la vie ou la santé de la mère, examen prénatal indiquant une grave pathologie irréversible chez l'embryon et grossesse résultant d'un viol ou d'un inceste.

La Diète (chambre basse) dispose de trois mois pour fixer la date de la première lecture du texte, si elle décide de l'examiner.

Celui-ci s'éloigne si fortement du compromis laborieux de 1993 que le parti conservateur au pouvoir Droit et Justice (PiS), pourtant proche de l'église catholique et de la puissante station catholique Radio Maryja, en a déjà pris ses distances, laissant ses députés voter selon leur conscience.

"Il n'y aura pas de discipline de vote sur ce projet, chaque député votera selon sa conscience", a déclaré la porte-parole du groupe parlementaire PiS Beata Mazurek.

L'annonce du projet a fait descendre dans la rue, au cours des derniers mois, plusieurs milliers de personnes opposées au durcissement de la loi actuelle.

Un sondage publié en mars a révélé que 51% des Polonais étaient favorables à sa libéralisation.

Moins de 2.000 avortements légaux sont pratiqués chaque année en Pologne et l'on ignore le nombre des IVG clandestines ou pratiquées à l'étranger. Les organisations de défense des droits des femmes le situent entre 100.000 et 150.000.

Avec Afp

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