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Des pirates ont enlevé deux marins étrangers au Nigeria


Un avion de combat F5 de l'armée de l'Air kenyane luttant contre les pirates le long de la côte somalienne, lundi 15 décembre 2008. (AP Photo )

Un avion de combat F5 de l'armée de l'Air kenyane luttant contre les pirates le long de la côte somalienne, lundi 15 décembre 2008. (AP Photo )

Des pirates ont attaqué un porte-conteneurs et enlevé deux membres d'équipage au large des côtes du Nigeria.

Propriété de la compagnie grecque Dioryx Maritime et affrété par l'armateur français CMA-CGM, le Turquoise a été pris d'assaut, alors qu'il naviguait entre Lagos, la grande ville commerciale du Nigeria, et Douala au Cameroun.

C'est la dernière attaque en haute mer recensée dans le Golfe de Guinée, alors qu'un peu plus tôt dans la journée de lundi, des pirates avaient enlevé six membres d'équipage d'un pétrolier turc, le Puli, selon la marine nigériane.

"Cette attaque, comme presque toutes celles dans la zone du delta du Niger, s'est déroulée de nuit et par surprise", a expliqué par mail à l'AFP Dirk Steffen, directeur pour la sécurité maritime du cabinet danois Risk Intelligence.

"Quand les pirates ont abordé le navire, l'équipage s'est replié dans la citadelle", une chambre forte qui leur permet d'attendre l'arrivée des secours, "mais deux membres d'équipage, le second philippin et l'électricien égyptien, n'ont pas réussi à la rejoindre à temps et ont été capturés par les pirates", poursuit-il.

Le navire, qui battait pavillon libérien, a été attaqué à 20H56 (19H56 GMT), à 28 milles nautiques du littoral, face au delta du fleuve Niger, une région riche en pétrole.

Selon Dirk Steffen, ce genre de cible est inhabituel pour les pirates, plus habitués à s'emparer du carburant transporté par les navires. D'après lui, leur but était cette fois de faire des otages.

Les actes de piraterie ont sensiblement augmenté dans ce secteur maritime : rien qu'au large du Nigeria, Risk Intelligence a recensé 32 attaques depuis le début de l'année.

Pour Dirk Steffen, cette augmentation s'explique par la diminution des amnisties envers des habitants du delta du Niger, qui militaient dans les années 2000 pour une redistribution plus équitable des revenus liés au pétrole, et n'hésitaient pas à recourir à des enlèvements ou à des sabotages.

A l'approche de scrutins importants dans la région, ajoute l'expert, les actes de piraterie ont tendance à diminuer, ce qui explique pourquoi l'année 2015, qui a vu des élections présidentielles et législatives au Nigeria, a été plus calme.

En 2008, le paquebot Le Ponant, alors propriété de la CMA CGM, avait déjà été confronté à un acte de piraterie de ce type. Les 30 membres d'équipage - dont 22 Français - avaient été pris en otage et libérés au bout d'une semaine après le versement d'une rançon par l'armateur.

Avec AFP

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