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Des ONG saisissent la Cour européenne des droits de l'homme contre le renvoi d'un Syrien en Turquie


Un enfant réfugié regarde par-dessus la clôture du camp des réfugiés syriens à Oncupinar près de la frontière avec la Syrie, non loin de la ville de Kilis, Turquie, 17 mars 2016.

Un enfant réfugié regarde par-dessus la clôture du camp des réfugiés syriens à Oncupinar près de la frontière avec la Syrie, non loin de la ville de Kilis, Turquie, 17 mars 2016.

L'affaire concerne un Syrien de 46 ans, qui affirme être homosexuel et avoir fait l'objet en Turquie, où il travaillait dans l'industrie pétrolière, de menaces de membres de l'organisation de l'État Islamique (EI).

Des ONG de défense des réfugiés ont saisi la Cour européenne des droits de l'homme pour tenter de bloquer le renvoi en Turquie d'un Syrien débouté de sa demande d'asile en Grèce, une décision prise dans le cadre de l'accord UE-Ankara, a indiqué vendredi l'une d'elles, Pro Asyl.

Le recours en procédure d'urgence, qui vise à geler l'exécution de la mesure de renvoi, a été introduit jeudi soir par trois avocats, coopérant avec le Conseil grec pour les réfugiés et Pro Asyl, a indiqué à l'AFP le représentant pour l'Europe de cette ONG, Karl Kopp.

"Il s'agit de la première affaire" transmise à la Cour de Strasbourg dans le cadre de l'accord UE-Ankara, a-t-il affirmé.

Ce pacte, conclu pour tarir les traversées migratoires des côtes turques vers les îles grecques de l'Égée orientale, ouvre au renvoi en Turquie des migrants, y compris demandeurs d'asile syriens, arrivés en Grèce après le 20 mars.

L'affaire concerne un Syrien de 46 ans, qui affirme être homosexuel et avoir fait l'objet en Turquie, où il travaillait dans l'industrie pétrolière, de menaces de membres de l'organisation de l'État Islamique (EI).

Arrivé sur l'île de Lesbos après le 20 mars, il avait demandé l'asile en Grèce pour échapper au renvoi en Turquie. Il a été débouté en première instance et en appel.

Selon l'agence de presse grecque Ana, la commission d'appel sur l'asile s'est prévalu de ce qu'il avait vécu plusieurs années à Istanbul pour juger qu'il n'y était pas en danger.

Cette décision de renvoi est la première de ce type rendue publique après l'entrée en vigueur de l'accord UE-Ankara.

Depuis cette date, 411 personnes ont été renvoyées de Grèce en Turquie, en majorité des Pakistanais, mais aucun n'avait officiellement demandé l'asile.

L'homme est actuellement détenu dans un poste de police de l'île de Lesbos, selon M. Kopp.

Les avocats mobilisés sur son cas ont aussi saisi le tribunal administratif du Pirée, le port d'Athènes en demandant l'annulation de la décision de renvoi, selon une source proche du dossier.

Les humanitaires contestent le pacte UE-Ankara en invoquant des déficiences turques en matière de protection des réfugiés.

Mais la Grèce s'affirme déterminée à l'appliquer, en procédant à une étude cas par cas des dossiers d'asile, car il a permis de tarir les arrivées migratoires en Égée orientale.

Avec AFP

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