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Des morts dans l'incendie d'un bar en pleine fête d'anniversaire en France


Des pompiers français déployés près d’un bâtiment qui vient de s’effondrer à Rosny-Sous-Bois, près de Paris, 31 Août 2014.

Des pompiers français déployés près d’un bâtiment qui vient de s’effondrer à Rosny-Sous-Bois, près de Paris, 31 Août 2014.

Au moins 13 personnes, âgées de 16 à 25 ans, sont mortes intoxiquées dans la nuit de vendredi à samedi dans l'incendie d'un bar à Rouen (ouest), où un groupe de jeunes fêtait un anniversaire.

Le drame, qui a également fait six blessés dont une jeune femme hospitalisée "en urgence absolue", s'est produit dans le sous-sol du bar, situé au centre de Rouen, selon le parquet. Il a été causé par des bougies qui ont embrasé le plafond de la salle, après la chute dans l'escalier de l'un des convives avec le gâteau d'anniversaire.

Les victimes s'étaient rassemblées dans une salle au sous-sol du bar "Au Cuba Libre". L'incendie s'est déclenché vers minuit.

"J'étais au bar, au rez-de-chaussée, en train de prendre un verre. On a vu les flammes, c'était comme un lance-flammes, tout a été très vite", a témoigné Stéphanie, 36 ans.

Selon les premiers éléments de l'enquête, "quelqu'un est descendu avec un gâteau d'anniversaire avec des bougies, et a chuté dans l'escalier", a déclaré à l'AFP le vice-procureur Laurent Labadie.

"Il y a eu projection de bougies sur les murs et sur le plafond sur lequel il y avait un isolant phonique", a-t-il poursuivi. "Il y a eu une inflammation immédiate et la propagation de gaz", a-t-il ajouté.

Dans la matinée, la police avait indiqué que les victimes avaient été intoxiquées après l'embrasement d'une matière du plafond.

L'enquête devra confirmer ce scenario et se penchera notamment sur le respect des normes de sécurité. Mais aussi, "en priorité", sur les issues de secours, a indiqué une source proche de l'enquête.

Polystyrène en théorie interdit

Bars, salles de concert et établissements de nuit sont soumis à une réglementation rigoureuse en France, aussi bien pour les matériaux de construction que la configuration des lieux. Les dalles de polystyrène au plafond ont ainsi été bannies, alors que certains plastiques ou nylons sont autorisés. Mais ces consignes sont parfois contournées par certains gérants ou propriétaires.

Selon la préfecture, les pompiers "sont arrivés rapidement". Dans la nuit, un passant, Amar Ould Sais, 40 ans, a "vu les pompiers qui sortaient les corps toutes les deux minutes. De l'autre côté de l'avenue, ils avaient aménagé un espace pour les blessés", a-t-il relaté.

Devant le bar orange et rouge dont la vitre a été soufflée dans l'incendie et le store brûlé, la secrétaire d'Etat à la formation professionnelle Clotilde Valter a exprimé "la tristesse et le soutien du gouvernement à l'égard des familles et des proches des victimes".

"Incendie grave à Rouen: profonde tristesse face à la tragédie qui a fauché 13 jeunes vies. Compassion et soutien aux familles éprouvées", a tweeté le Premier ministre Manuel Valls. Le maire de Rouen, Yvon Robert, a déploré "une véritable tragédie".

Un périmètre de sécurité constitué de barrières métalliques était toujours en place en début d'après-midi. Des anonymes y ont déposé des bouquets ou de simples roses.

L'agglomération de Rouen a été touchée il y a moins de deux semaines par un autre drame, l'assassinat en pleine messe du prêtre de Saint-Etienne-du-Rouvray, par deux jeunes jihadistes. Ses obsèques avaient été célébrées mardi à la cathédrale de Rouen.

Il n'y avait pas eu d'incendie aussi meurtrier en France depuis celui qui a touché, le 4 septembre 2005, un immeuble de L'Haÿ-les-Roses, en région parisienne, faisant 18 morts.

Cette année-là, en France, plusieurs incendies avaient ravagé des immeubles et des hôtels vétustes, causant des bilans tragiques. Le plus grave d'entre eux avait été celui de l'hôtel Paris-Opéra, un hôtel d'hébergement d'urgence, qui avait provoqué la mort de 24 personnes, dont 11 enfants.

Avec AFP

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