Liens d'accessibilité

Des milliards de personnes privées de chirurgie, selon The Lancet


De futurs chirurgiens étudiant au Children’s Hospital à Kijabe, au Kenya (Photo Lancet)

De futurs chirurgiens étudiant au Children’s Hospital à Kijabe, au Kenya (Photo Lancet)

Des travaux publiés dans la revue The Lancet et menés par une commission de 25 experts, montrent que des millions de personnes meurent inutilement, faute d'accès à la chirurgie.

A la demande de la prestigieuse revue médicale « The Lancet », une commission d’experts a évalué l’accès aux interventions chirurgicales à travers le monde. Leurs conclusions témoignent de l’ampleur des besoins dans les pays à bas ou moyens revenus.

Sur les quelques 313 millions d'interventions effectuées dans le monde chaque année, seule une sur 20 est réalisée dans les pays les plus pauvres. Ce qui signifie, selon The Lancet, que les personnes n’ayant pas accès à la chirurgie et à l'anesthésie de base, nécessaires pour les interventions les plus courantes comme celles liées à l'appendicite, aux fractures ou aux accouchements, meurent inutilement.

Les besoins sont énormes, souligne le professeur Thomas Weiser de l’université Stanford, membre de la commission rassemblée par The Lancet. « Environ 143 millions d’interventions sont probablement nécessaires chaque année pour suffire aux besoins élémentaires des pays à bas ou moyens revenus. Il est probable qu’environ cinq milliards d’êtres humains n’ont pas accès à des interventions sûres, de façon ponctuelle » déclare le Dr Weiser.

Certes, ajoute l’étude publiée par The Lancet, « des progrès remarquables » ont été réalisés au plan de la santé mondiale ces 25 dernières années. Mais pas du côté des chirurgies. « On ne saurait établir des soins de santé universels sans incorporer la chirurgie », souligne John Meara de l’école de médecine de l’université Harvard, l’un des auteurs de l’étude.

Renforcer la disponibilité des interventions chirurgicales est nettement moins facile que de distribuer des moustiquaires imprégnées d’insecticides, souligne le Dr. Meara. Il faut former les équipes de chirurgiens, disposer des infrastructures nécessaires et d’instruments stérilisés, mais également d’électricité fiable et des moyens de rapprocher les malades des hôpitaux. Tout cela sans ruiner personne. Car les difficultés financières en raison des dépenses entraînées par la chirurgie font sombrer chaque année des millions de personnes dans la pauvreté.

Pour établir un accès acceptable aux interventions chirurgicales, le rapport publié par The Lancet chiffre de 300 à 420 milliards de dollars, les investissements nécessaires pour y parvenir d’ici 2030. A noter que chaque dollar investi rapporterait entre 3 à 4 dollars, ajoute le Dr Meara, du fait des vies sauvées, et de la productivité accrue des malades, une fois guéris.

Certains pays n’ont pas attendu l’étude du Lancet pour améliorer l’accès aux chirurgies. Parmi eux : le Mexique ou encore le Rwanda.

XS
SM
MD
LG