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Des militants anti-esclavagistes mauritaniens jugés en appel le 14 novembre


Le militant anti-esclavagiste mauritanien Biram Ould Dah Ould Abeid (au centre) est accueilli par ses soutiens à la cour suprême de Nouakchott, Mauritanie, le 17 mai 2016.

Le militant anti-esclavagiste mauritanien Biram Ould Dah Ould Abeid (au centre) est accueilli par ses soutiens à la cour suprême de Nouakchott, Mauritanie, le 17 mai 2016.

Le procès en appel de treize militants anti-esclavagistes mauritaniens condamnés à des peines de prison, notamment pour usage de la violence, s'ouvrira le 14 novembre à Zouerate (nord).

Ces treize militants de l'Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), condamnés en août à des peines de 3 à 15 ans de prison par un tribunal de Nouakchott, avaient été transférés le 28 septembre à Zouerate.

"La Cour d'appel de Nouadhibou dont relève la région de Zouerate a décidé de se déplacer dans cette ville minière pour juger les militants anti-esclavagistes", a déclaré à l'AFP une source judiciaire.

"Nous avons effectivement reçu les convocations hier (mardi) pour ce procès prévu à partir du 14 novembre à Zouerate" a confirmé à l'AFP Me Bah Ould M'Bareck, un avocat de la défense, précisant qu'un des 13 militants se trouvait à à Nouakchott pour des soins médicaux.

Ils ont été arrêtés en juin-juillet pour leur implication présumée dans une manifestation violente survenue lors du déplacement forcé par les autorités, le 29 juin, d'habitants du bidonville de Ksar à Nouakchott.

Ils sont accusés de "rébellion, usage de la violence, attaque contre les pouvoirs publics, attroupement armé et appartenance à une organisation non reconnue".

Sept habitants du bidonville, également condamnés et détenus à Zouerate, seront jugés en même temps en appel, a indiqué Me Ould M'Bareck.

Dans un communiqué publié la semaine dernière par le Haut-Commissariat aux droits de l'Homme de l'ONU, un groupe d'experts indépendants des Nations unies a estimé ces poursuites judiciaires "politiquement motivées et destinées à étouffer les groupes et individus qui favorisent les droits de l'Homme et qui s'opposent à des politiques gouvernementales".

"L'activisme anti-esclavagiste ne peut pas être un crime", ont souligné ces experts, considérant que le procès en première instance avait été "entaché de graves violations du procès équitable" et mettant en doute le "fondement juridique" du transfert des détenus, à quelque 700 km de la capitale, où les faits se sont déroulés.

L'esclavage a officiellement été aboli en 1981 en Mauritanie, mais certaines pratiques d'asservissement perdurent, une situation dénoncée avec véhémence par l'IRA.

La situation a néanmoins évolué récemment, avec l'adoption en août 2015 d'une nouvelle loi faisant de l'esclavage un "crime contre l'humanité", réprimé par des peines allant jusqu'à 20 ans de prison, contre cinq à dix ans auparavant.

Avec AFP

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