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Des interpellations au siège d'un journal d'opposition au Gabon


La police gabonaise patrouille dans les rues après les manifestations post-électorales à Libreville, Gabon, 1 septembre 2016.

La police gabonaise patrouille dans les rues après les manifestations post-électorales à Libreville, Gabon, 1 septembre 2016.

Plusieurs personnes ont été interpellées jeudi matin au siège du journal gabonais d'opposition Echos du Nord dans la capitale Libreville, a-t-on appris auprès du journal et du gouvernement.

Des hommes armés en civil sont entrés dans la salle de rédaction alors que les journalistes de ce trihebdomadaire bouclaient l'édition à paraître vendredi, a indiqué à l'AFP l'un de leurs collègues, Wilfried Kombé-Nziengui.

"Ils ont embarqué tout le monde, une vingtaine de personnes. Ils étaient armés de pistolets automatiques", a témoigné M. Kombé, qui affirme avoir réussi à se cacher.

"Neuf personnes" ont été interpellées pour être auditionnées dans le cadre d'une enquête, a déclaré pour sa part à l'AFP le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Alain-Claude Bilie-By-Nzé.

Selon lui, l'enquête porte sur un article paru mercredi mentionnant "l'imminence d'un coup d'Etat militaire" après la réélection contestée du président Ali Bongo Ondimba.

L'article titrait sur l'arrestation du patron de la Direction générale de la documentation et de l'immigration (DGDI, ex-Cédoc, les services de renseignement également chargés des titres de séjour délivrés aux étrangers), le général Célestin Embinga. Cette information a été démentie par d'autres médias.

Les personnes interpellées, journalistes et personnels administratifs, "ont été emmenées au Cédoc", a indiqué à l'AFP le directeur de la publication, Désiré Ename, joint à Paris où il affirme être "contraint de vivre".

Le journal d'opposition qualifie régulièrement le pouvoir gabonais de "junte militaro-putschiste". Il avait abondamment couvert le meeting de l'opposant Jean Ping samedi dernier à Paris devant plusieurs centaines de Gabonais de l'étranger. Le rival d'Ali Bongo avait répété qu'il se considérait comme le vainqueur de l'élection présidentielle du 27 août dernier.

Dans son édition de mercredi, le journal s'en prenait, photos à l'appui en Une, au Premier ministre français Manuel Valls et au roi du Maroc Mohamed VI (en visite privée au Gabon, rapportait le même jour un autre journal, l'Union).

"Le Gabon n'est pas une province du Maroc", "Mohamed VI, Valls, ils vous honniront!", titrait le journal.

Avec AFP

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