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Des habitants de Kavumu brûlent un prisonnier et des bâtiments de l'État en RDC


Des bâtiments ont été incendiés dimanche 18 septembre à Kavumu, à environ 30 kilomètres au nord de la ville de Bukavu. (VOA/NDSCI/Ernest Muhero)

Des bâtiments ont été incendiés dimanche 18 septembre à Kavumu, à environ 30 kilomètres au nord de la ville de Bukavu. (VOA/NDSCI/Ernest Muhero)

De vives tensions ont frappé le Sud-kivu ce dimanche 18 septembre à Kavumu, situé à environ 30 kilomètres au nord de la ville de Bukavu.

La population civile, victime d’une situation d’insécurité permanente, a brûlé vif un voleur arraché de force à la police, incendié les bâtiments abritant les bureaux de l’autorité coutumière et de la police avant de saccager le siège du parquet de Kavumu.

Des précisions avec notre correspondant sur place, Ernest Muhero.

C’est une marée humaine vociférant de rage et de colère qui a défié l’autorité de l’Etat à Kavumu en cette journée dominicale.

À 6 heures du matin, hommes, femmes, enfants, vieux et jeunes se dirigent au cachot de la police pour réclamer qu’on leur remette un voleur de chèvre attrapé deux heures auparavant et conduit dans ce cachot.

Jean Chrysostome Kijana, président national de la nouvelle dynamique de la société civile, estime qu’il y a une crise totale de confiance entre la population et les services de sécurité.

Le chef de groupement de Bughore - dont le bureau a été incendié - a confirmé les faits à VOA afrique.

Bureau du parquet de kavumu saccagé par la population suite à l'impunité, en RDC le 18 septembre 2016. (VOA/NDSCI/Ernest Muhero)

Bureau du parquet de kavumu saccagé par la population suite à l'impunité, en RDC le 18 septembre 2016. (VOA/NDSCI/Ernest Muhero)

Le colonel Augustin Dukuze, commandant de la police district lac kivu, pense qu’il y a eu manipulation de la population par des tiers afin de faire libérer deux présumés bandits armés arrêtés et qui passaient déjà aux aveux aux mains de la police.

Ephrem Iragi, un ressortissant de Kavumu, rejette cette version du commandant de la police.

Pour lui, ce soulèvement populaire est l’expression d’un ras-le-bol généralisé de la population face à la persistance de l’insécurité qui a déjà fait 17 morts ces trois derniers mois dans le groupement Bughore, dont onze victimes assassinées au centre de Kavumu et à domicile.

Josué Boji, directeur de cabinet du ministre provincial de l’intérieur et sécurité au Sud-kivu, a appelé la population au calme.

Cette révolte populaire intervient après deux journées de manifestations "ville morte" organisées par la société civile jeudi et vendredi 16 septembre.

Une marche pacifique a suivi le samedi 17 septembre à la suite d’un autre cas d’assassinat, sur un chef du centre honoraire de Kavumu, tué la nuit du mercredi au jeudi 16 septembre.

La population exige l’implication personnelle du gouverneur du Sud-kivu. Dimanche après-midi, un calme apparent était revenu à Kavumu.

Ernest Muhero, au Sud-kivu

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