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Syrie: des forces soutenues par Washington lancent "l'offensive sur Raqa"


Dans la province de Raqa, Irak, le 16 décembre 2015.

Dans la province de Raqa, Irak, le 16 décembre 2015.

La force arabo-kurde soutenue par les Etats-Unis a lancé dimanche une offensive mobilisant 30.000 combattants pour reprendre la ville de Raqa, capitale de facto du groupe ultraradical Etat islamique (EI) en Syrie.

"La grande bataille pour la libération de Raqa et de sa province a commencé", a annoncé Jihan Cheikh Ahmad, une porte-parole de l'offensive, à Aïn Issa, la ville la plus proche de Raqa, située à une cinquantaine de km au sud.

Cette opération baptisée "Colère de l'Euphrate" a débuté sur le terrain samedi soir, selon Mme Ahmad.

Le correspondant de l'AFP présent à la conférence de presse a vu des dizaines de combattants armés à bord de véhicules se dirigeant vers le front.

"Raqa sera libéré grâce à ses fils et ses factions arabes, kurdes et turkmènes, des héros combattant sous la bannière des Forces démocratiques syriennes (FDS), avec la participation active des Unités de protection du peuple kurde (YPG) (...) en coordination avec la coalition internationale" dirigée par les Etats-Unis, indique le communiqué.

Ces combattants veulent libérer Raqa "des forces du terrorisme mondial et obscurantiste représentées par l'EI qui a pris (la ville) pour sa capitale supposée", selon le texte.

En même temps que Mossoul

Cette annonce très attendue intervient au moment où une vaste opération est en cours pour déloger l'EI de son bastion de Mossoul en Irak.

Mossoul et Raqa sont les deux dernières grandes villes encore contrôlées par l'EI, qui a perdu une grande partie des territoires que ce groupe ultraradical sunnite avait conquis en 2014 en Syrie et en Irak.

Talal Sello, porte-parole des FDS basé à Hassaké (nord-est) a affirmé à l'AFP par téléphone que l'opération allait se dérouler "en deux étapes: libérer la province de Raqa pour isoler la ville, puis contrôler la ville".

"La coalition a fourni une première livraison d'arsenal et d'équipements, dont des armes anti-char", a-t-il ajouté.

Mais, a-t-il averti, "la bataille ne sera pas facile et a besoin d'opérations précises et prudentes. L'EI défendra son bastion car il sait que la perte de Raqa signifie sa fin en Syrie".

L'EI a subi ces derniers mois une série de défaites face aux FDS et subit une pression sur plusieurs fronts de son "califat" autoproclamé en 2014.

Plusieurs hauts responsables Occidentaux ont récemment fait savoir que Raqa serait le prochain objectif de la coalition internationale antijihadiste, à l'issue de l'offensive lancée il y a trois semaines contre Mossoul, où les forces irakiennes rencontrent une vive résistance.

Le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter avait appelé fin octobre à une opération isolant l'EI à Raqa simultanément à l'offensive en cours contre Mossoul.

Dominés par les YPG, les FDS avaient chassé l'EI de plusieurs fiefs dans le nord de la Syrie, notamment Minbej, carrefour clé par laquelle le groupe faisait transiter armes et hommes à partir de la Turquie.

D'après les responsables américains, les FDS sont formés de 30.000 combattants dont les deux-tiers sont des Kurdes et le reste des Arabes.

Les FDS ont été promus par Washington comme un allié clé dans la lutte contre l'EI, mais cette alliance est compliquée par l'opposition féroce des Turcs aux YPG.

La coalition arabo-kurde a annoncé dimanche s'être mise d'accord avec les Etats-Unis sur le fait "qu'il n'y aura aucun rôle turc ou des rebelles qui leur sont alliés dans l'offensive" de Raqa, a affirmé M. Sello.

Avec AFP

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