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Des experts de l'ONU dénoncent la privatisation de la filière café burundaise


Il faut s’assurer que cette privatisation de la filière café n’empirera pas le sort de millions de Burundais, estiment ces experts

Il faut s’assurer que cette privatisation de la filière café n’empirera pas le sort de millions de Burundais, estiment ces experts

Deux experts indépendants de l'ONU appellent à la suspension du programme de privatisation de la filière café burundaise encouragée par la Banque Mondiale, au motif qu’elle pourrait déstabiliser les moyens de subsistance d'un grand nombre de petits producteurs. Le gouvernement burundais s'est orienté en 2008-2009 vers une privatisation complète de la filière.


Selon le Rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à l'alimentation, Olivier De Schutter, et l'Expert indépendant sur la dette extérieure et ses effets sur les droits de l'homme, Cephas Lumina, quelques 750.000 familles dépendent de la culture du café au Burundi.

Comme près de deux tiers des Burundais vivent sous le seuil de pauvreté et que 60% souffrent de malnutrition chronique, il y a urgence à s’assurer que cette privatisation de la filière café n’empirera pas le sort de millions de Burundais, estiment ces experts.

On croyait que les politiques d’ajustement structurel préconisées dans les années 1990 et 2000 par les institutions de Bretton Woods avaient été abandonnées, a fait valoir M. De Schutter dans une interview. « Mais aujourd’hui nous constatons que dans la manière dont la privatisation de la filière de commercialisation du café au Burundi a été encouragée par la Banque mondiale, nous assistons au fonds à une répétition des erreurs qui avaient été commises par le passé », a-t-il confié.

« Depuis 2005, la Banque mondiale encourage le gouvernement du Burundi à privatiser les usines de traitement du café dans ce pays, alors que 70 % de la population tire l’essentiel de ses revenus de la production du café. Cette privatisation va conduire à ce que les caféiculteurs du Burundi auront des revenus moins importants en général, et les usines de traitement du café vont être la propriété d’un groupe suisse alors qu’auparavant, c’était des usines qui étaient entre les mains des caféiculteurs eux-mêmes et de leurs coopératives. Nous sommes très inquiets de ce que cette privatisation se fasse à marche forcée » a souligné M. de Schutter.

Contactée ici à Washington, la région Afrique de la Banque mondiale n’a pas réagi jusqu’à présent aux déclarations de Messieurs de Schutter et Lumina.
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