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Des déchets plastiques pour fabriquer du carburant


John Bordynuik, patron de JBI, Inc., avec un échantillon du produit qui sert à fabriquer des carburants

John Bordynuik, patron de JBI, Inc., avec un échantillon du produit qui sert à fabriquer des carburants

Seulement sept pour cent des déchets plastiques sont recyclés chaque année aux Etats-Unis, affirme l'Agence de protection de l'environnement (EPA). Mais une entreprise qui vient de démarrer à Niagara Falls, dans l’Etat de New York, affirme pouvoir accroître ce pourcentage - et dans le même temps, atteindre un objectif souvent mentionné dans les campagnes électorales – notamment cette année : à savoir, réduire la dépendance des Etats-Unis vis-à-vis des importations de pétrole étranger.

Sur les lieux de l’usine : une machine surnommée « le monstre dévoreur de plastique ». Elle engloutit toute la journée des tonnes de bouteilles de lait et d’eau déchiquetées, et des sacs d'épicerie qui tombent dans sa chambre de combustion. Ces déchets en plastique qui proviennent de décharges et dépotoirs à travers les États-Unis.

« Essentiellement, ils minent leurs piles d’ordures pour nous et envoient leurs plastiques ici » déclare John Bordyniuk, patron de la société qui porte ses initiaux, JBI, Inc. Car il a inventé un nouveau processus pour convertir les déchets de plastiques en toute une gamme de carburants.

Tout d’abord, les déchets sont fondus pêle-mêle. « Ce mélange visqueux ressemble à du lait. C’est presque comme si vous réchauffiez du lait sur le feu. Ça ressemble exactement à ça, sauf que c'est noir » affirme M. Bordyniuk. Grace à un catalyseur breveté, ce fluide noir encre est vaporisé et réduit e à ses éléments les plus fondamentaux.

« Les plastiques ne sont que de longues chaînes d’hydrocarbones. Ce que nous faisons, c’est en reformer les maillons et les chaînes pour leur restituer un pouvoir calorifique élevé » déclare M. Bordyniuk.

Le fuel produit est non seulement vendu, mais sert à faire marcher l’usine. Les tests ont montré que 86 pour cent des plastiques qui pénètrent dans l’usine, en ressortent sous forme de carburant.

Au bout de la chaine, un haut responsable de JBI, Bob Molodynia regarde un liquide marron tomber dans un baril. « Vous pouvez l’exploiter tout de suite, c’est prêt », déclare le responsable. « C'est un carburant numéroté six, c'est ce que beaucoup de fabricants d’acier utilisent, beaucoup de grandes entreprises, et elles paient très cher pour ce fuel » explique M. Molodynia.

La société JBI produits plusieurs types de carburant destinés à différents secteurs de l’industrie. Elle les vend jusqu’à 100 dollars le baril, alors qu’ils coutent environ 10 dollars à fabriquer. JBI produit déjà plusieurs milliers de litres de carburant par jour, et a signé des contrats pour ouvrir des usines près de vastes décharges de plastiques.
M. Bordyniuk est convaincu que les plastiques deviendront une source importante de carburant, ce qui permettra aux Etats-Unis non seulement de réduire leur dépendance vis à vis des importations de pétrole, mais d’éliminer des quantités considérables de plastiques enfouies dans les décharges du pays.

Certains écologistes sont moins élogieux, faisant valoir qu’il vaudrait peut-être mieux laisser ce carbone enfoui dans les décharges, plutôt que de le reconvertir en liquide pour le brûler.

Pour Allen Hershkowitz, un scientifique du « Natural Resources Defense Council », les technologies de recyclage des plastiques sont encore dans leur enfance et continuent d’évoluer. On manque de données pour juger de leur valeur, et de leur impact sur l’environnement, ajoute-t-il.

JBI fait partie d’un groupe de sociétés apparues ces dix dernières années, qui se spécialisent dans le recyclage du plastique pour en retirer du pétrole. La société possède un net avantage sur ses rivales, car elle recycle tous les types de plastiques sans exception.
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