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Des centaines de Sud-soudanais prient pour la paix en attendant Riek Machar


En août 2015, le chef rebelle Riek Machar et le président du Soudan du Sud Salva Kiir se serrent à la main à la suite de négociation en Ethiopie.

En août 2015, le chef rebelle Riek Machar et le président du Soudan du Sud Salva Kiir se serrent à la main à la suite de négociation en Ethiopie.

Dimanche, des centaines de personnes se sont recueillis à Juba, priant pour la paix en attendant le retour du chef rebelle Riek Machar.

La tête inclinée en signe de recueillement, des centaines de Sud-soudanais ont prié pour la paix dimanche à Juba à la veille du retour prévu du chef rebelle Riek Machar dans la capitale, censé aider le pays à sortir de deux années de guerre civile.

"Nous espérons que Dieu nous apportera la paix, il y a eu assez de combats", assure Joseph Deng, un fonctionnaire de 34 ans, lors d'une messe protestante à la paroisse Emmanuel, une église de la communauté Dinka de Juba. La guerre "n'est pas ce à quoi les gens pensaient devoir faire face lorsque nous avons obtenu notre indépendance" (en 2011).

Après une semaine de reports sur fond de querelles au sujet des armes emmenées par la garde rapprochée de M. Machar, Juba a finalement donné son feu vert samedi au retour de celui qui doit devenir, selon les termes d'un accord de paix, le vice-président du pays et former un gouvernement de transition avec le président Salva Kiir.

Riek Machar a été autorisé à prendre lundi un avion au départ de Gambela, dans l'ouest de l'Ethiopie, avec 195 hommes transportant au total 20 mitrailleuses et 20 lance-roquettes, en plus de leurs AK-47.

Les services de sécurité ont émis l'autorisation samedi, mais ont précisé qu'aucun vol ne serait possible avant lundi, notamment en raison de "travaux de maintenance" à l'aéroport de Juba, a-t-on appris de source gouvernementale.

"Le seul pays que nous avons"

Le Soudan du Sud a plongé dans la guerre civile en décembre 2013 lorsque des combats ont éclaté au sein de l'armée nationale, minée par des dissensions politico-ethniques alimentées par la rivalité entre Salva Kiir et Riek Machar.

Les deux hommes sont issus des deux principales ethnies du pays - le premier de l'ethnie Dinka et le second de l'ethnie Nuer - elles-mêmes divisées en de multiples clans parfois rivaux.

"Nous sommes tous Sud-Soudanais", affirme toutefois Mary Padar après quelques prières dans l'église, un ancien cinéma de l'ère coloniale britannique réduit en ruines lors du conflit ayant mené à l'indépendance du pays puis reconvert en lieu de culte. "Nous devons vivre ensemble car c'est le seul pays que nous avons".

Le conflit au Soudan du Sud a fait des dizaines de milliers de morts (le bilan exact reste inconnu) et plus de 2,3 millions de déplacés.

Tant le gouvernement que l'opposition ont été accusés d'avoir perpétré des atrocités, dont des massacres à caractère ethnique, des viols, des tortures ainsi que d'avoir recruté des enfants pour en faire des soldats.

"Inévitable"

M. Machar devait rentrer à Juba le 18 avril, une date déjà en retard de plusieurs mois sur le programme prévu par l'accord de paix signé en août 2015, mais le retour a été repoussé tout au long de la semaine.

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-Moon a exhorté vendredi Riek Machar à rentrer à Juba "sans délai" alors que la communauté internationale l'a sommé de rentrer pour samedi, date butoir qu'il n'a pu respecter.

Un porte-parole des rebelles, Mabior Garang, a affirmé depuis Juba que le retour de Riek Machar était "inévitable" et qu'il arriverait lundi dans la capitale "sauf si des obstacles supplémentaires et imprévus sont placés (...) par les adversaires de la paix".

Le retour prévu de Riek Machar à Juba suscite un fragile espoir de paix, mais les difficultés du gouvernement et de l'opposition à s'accorder sur les conditions de ce retour illustrent la défiance profonde qui les oppose.

La situation est d'autant plus tendue à Juba que conformément à l'accord de paix, la rébellion y a récemment fait revenir 1.370 soldats et policiers armés qui font désormais face à 3.420 hommes de l'armée gouvernementale. Le reste des troupes, gouvernementales et rebelles, n'est pas autorisé dans un rayon de 25 km autour de la capitale.

Avec AFP

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