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Les députés d'opposition expulsés du Parlement aux Maldives


Les forces de sécurité des Maldives patrouillent une zone où les partisans de l'ancien président Mohamed Nasheed se sont rassemblés en masse à Malé, le 27 novembre 2015.

Les forces de sécurité des Maldives ont expulsé des députés du Parlement lundi alors que l'opposition tentait d'obtenir la destitution du président de la chambre en vue de la présidentielle de l'année prochaine.

Lors d'une séance houleuse avant un vote, infructueux, sur la destitution du président de l'assemblée, au moins 13 députés ont été expulsés par la force, les autres quittant l'assemblée en signe de protestation avant le vote.

"Le gouvernement fait venir les militaires pour occuper le Parlement dans le but de faire obstruction au vote de la défiance envers le président de la chambre", a écrit sur Twitter Mohamed Nasheed, l'ex-président des Maldives en exil.

Il avait annoncé dimanche qu'il entendait prendre le contrôle du Parlement de l'archipel de l'océan Indien grâce à un accord conclu avec d'anciens rivaux.

Les accès au public étaient fermés lundi, et les journalistes n'ont pas été admis au Parlement, mais des photographies postées sur les réseaux sociaux ont montré des scènes de chaos.

Le Parti démocratique des Maldives (MDP) de M. Nasheed a affirmé que la police avait perquisitionné ses bureaux à Malé, la capitale.

M. Nasheed espérait que son alliance avec trois partis lui permettrait d'obtenir une majorité au Parlement, où siègent 85 députés. L'assemblée est à l'heure actuelle contrôlée par le Progressive Party of Maldives (PPM) du président Yameen.

L'ancien dirigeant, premier président démocratiquement élu des Maldives, entend défier l'actuel chef de l'Etat Abdulla Yameen, qui l'avait battu lors d'un scrutin controversé en 2013.

Mohamed Nasheed a fait alliance avec Maumoon Abdul Gayoom, le demi-frère de M. Yameen, lui-même ancien président des Maldives.

La Constitution interdit à M. Nasheed de se présenter en raison de sa condamnation en 2015 pour un chef lié au terrorisme - motivée selon l'ONU par des considérations politiques. Il espère cependant faire lever cet obstacle grâce à la pression de la communauté internationale.

Incarcéré, M. Nasheed était parti en 2016 à la faveur d'une permission médicale au Royaume-Uni.

En 2008, après trois décennies de règne autocratique du demi-frère d'Abdulla Yameen, Maumoon Abdul Gayoom, le multipartisme était entré en vigueur dans l'archipel réputé pour son tourisme de luxe.

Mohamed Nasheed avait alors été élu président mais avait été renversé en 2012.

Depuis, l'archipel est dans la tourmente mais le gouvernement résiste à d'intenses pressions internationales face à une situation dans laquelle toutes les principales figures de l'opposition sont soit détenues, soit en exil.

Avec AFP

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