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Démission avec fracas au sein de la commission antipédophilie du Vatican


L'Irlandaise Marie Collins, à droite, victime dans sa jeunesse d'abus sexuels par des religieux, lors d'une conférence de presse aux côtés de la professeure britannique Sheila Hollins à Rome en Italie, le 7 février 2012

L'Irlandaise Marie Collins, victime dans sa jeunesse d'abus sexuels par des religieux, a annoncé sa démission d'un groupe d'experts de lutte contre la pédophilie créé par le pape François, en dénonçant un manque "honteux" de coopération.

Sous la présidence du cardinal américain Sean O'Malley, cette commission créée en 2014, qui compte des religieux et des laïcs, avait déjà vu le départ voici un an du Britannique Peter Saunders, victime d'actes pédophiles de la part d'un proche et de deux prêtres.

Avec le départ de Mme Collins, la commission pontificale pour la protection des mineurs, formée en grande partie de psychologues, n'a donc plus de représentants des victimes.

Dans un communiqué, l'Irlandaise a dénoncé "la résistance de certains membres de la Curie (gouvernement du Vatican) au travail de la commission".

"Le manque de coopération, en particulier de la part du dicastère (ministère) le plus impliqué sur la question des abus sexuels, a été honteux", a-t-elle ajouté.

"Malgré l'approbation par le pape François de toutes les recommandations faites par la commission, il y a eu des revers constants", a expliqué Marie Collins.

"L'année dernière, une simple recommandation, approuvée par le pape François, concernant un petit changement de procédure concernant l'aide aux victimes/survivants, est parvenue au dicastère. En janvier, j'ai appris que le changement avait été refusé. Dans le même temps, une requête de coopération sur une question fondamentale du travail de la commission était également refusée", a-t-elle détaillé.

"Toute en espérant que la commission réussira à vaincre la résistance, pour moi c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase", a-t-elle asséné.

Elle précise néanmoins avoir accepté la proposition du cardinal Sean O'Malley de continuer à travailler sur des projets éducatifs au sein de l'Eglise, y compris ceux destinés à la Curie et aux nouveaux évêques.

Dans une déclaration écrite, le cardinal O'Malley a pour sa part remercié Marie Collins pour ses "contributions extraordinaires".

Il y a un an, M. Saunders s'était insurgé contre la confirmation d'un évêque chilien soupçonné d'avoir protégé un prêtre accusé de pédophilie. Et il n'avait pas hésité à élever la voix contre le cardinal George Pell, tout-puissant "ministre" de l'Economie du pape, empêtré dans des affaires de pédophilie en Australie.

Avec AFP

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