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Dix ans après le Probo Koala, la dépollution des sites "pas complète" en Côte d'Ivoire


Le cargo Probo Koala marqué par un slogan peint par des militants de Greenpeace lors du blocus qu’ils ont imposé au navire dans le port de Paldiski Port, l'Estonie, 26 septembre 2006. (Photo publiée par Greenpeace)

Le cargo Probo Koala marqué par un slogan peint par des militants de Greenpeace lors du blocus qu’ils ont imposé au navire dans le port de Paldiski Port, l'Estonie, 26 septembre 2006. (Photo publiée par Greenpeace)

La Coordination nationale des victimes des déchets toxiques exige, (CNVDT-CI), dans un communiqué, la dépollution totale et entière de la nappe phréatique contaminée par la boue toxique.

La dépollution des sites d'Abidjan contaminés en 2006 par un déversement de déchets toxiques qui a fait 17 morts "n'est pas complète", ont dénoncé vendredi des associations de victimes.

"Nous exigeons la dépollution totale et entière de la nappe phréatique contaminée par la boue toxique", a déclaré Claude Gohourou, président de la Coordination nationale des victimes des déchets toxiques (CNVDT-CI), dans un communiqué transmis à l'AFP.

Le déversement de résidus toxiques du cargo Probo Koala le 18 août 2006 avait causé la mort de 17 personnes et provoqué près de 100.000 intoxications, selon la justice ivoirienne.

M. Gohourou a demandé la mise sur pied "d'une contre-expertise sur la dépollution" et réclamé à la multinationale Trafigura, affréteur du cargo Probo Koala, "de respecter ses engagements sur l'enlèvement total et complet des boues toxiques".

De son côté, l'Union nationale des associations des victimes des déchets toxiques de Côte d'Ivoire (UNAVDTCI), une autre association, évoque un "flou sur la dépollution effective des sites de déversement (... ) a dix bonnes années de la date anniversaire ".

L'indemnisation de victimes de cette catastrophe écologique est au coeur des discussions entre les associations de victimes et Trafigura depuis dix ans.

"Une décennie après, le convoyeur de la boue toxique est toujours en fuite", accuse Denis Yao Pipira, président de l'UNAVDTCI.

"Les pseudo indemnisations arrachées à la compagnie Trafigura se font sur la base d'arrangements fantoches et jamais à la suite d'une condamnation judiciaire", a-t-il déploré dans un communiqué.

Un tribunal de Londres a condamné le 17 juin le cabinet Leigh Day à dédommager les 4.752 victimes qui ont été privées de leur compensation.

Les victimes avaient déposé une plainte le 27 août 2014 auprès de la haute cour de justice de Londres contre ce cabinet qui était en charge de la transaction financière, selon l'accord d'indemnisation signé en 2009 à Londres avec la multinationale Trafigura.

Chaque plaignant devait recevoir 750.000 francs CFA (1.150 euros), selon l'accord. Toutefois, les fonds n'ont pas été versés à toutes les victimes.

Une nouvelle date d'audience sera fixée pour l'évaluation du montant des dommages et intérêts. Elle devrait se tenir courant octobre 2016, selon les associations des victimes.

La multinationale spécialisée dans le courtage pétrolier a toujours nié toute responsabilité et n'a jamais été condamnée pour le déversement. Mais en février 2007, Trafigura avait conclu un accord à l'amiable avec l'Etat ivoirien qui arrêtait toute poursuite en contrepartie du versement d'une indemnisation globale de plus de 100 milliards de francs CFA (152 millions d'euros).

Avec AFP

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