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Hommage à l'actrice Ronit Elkabetz, féministe israélienne


La Mer Morte en Israel, le 12 avril 2016.

La Mer Morte en Israel, le 12 avril 2016.

Des centaines de personnes ont rendu un dernier hommage à Tel-Aviv à l'actrice-réalisatrice Ronit Elkabetz, décédée à 51 ans des suites d'un cancer.

"C'est un jour triste pour le cinéma israélien, qui a perdu un de ses moteurs", a déclaré Yoël Liba, représentant de l'Association des artistes israéliens, sur la scène de la grande salle de la cinémathèque de Tel-Aviv, devant le cercueil de l’actrice, recouvert de fleurs.

Actrice engagée, militante des droits des femmes et critique de la société israélienne, Ronit Elkabetz était devenue, aussi bien devant que derrière la caméra, une ambassadrice du cinéma israélien à l'étranger.

Elle partageait son temps entre Israël et la France, où elle avait tourné plusieurs films dont "La fille du RER" (2009) d'André Téchiné, aux côté de Catherine Deneuve et dans "Cendres et sang" (2010) de Fanny Ardant.

L'ambassadeur de France à Tel-Aviv, Patrick de Maisonnave, a rendu hommage "au talent et à la beauté, à la gravité et à la légèreté, à la noirceur et à la lumière" de l'actrice "qui a tant donné à la France".

C'est d'ailleurs en français que la voix grave de Ronit Elkabetz entonnant -dans un enregistrement réalisé peu avant sa mort- "L'aigle noir" de la chanteuse Barbara, a retenti en clôture de cette cérémonie.

"Elle était un diamant noir… elle s'était créé sa propre scène, pour dire ce qu'elle avait à dire, toujours avec grandeur et puissance", a déclaré l'acteur israélien Sasson Gabbaï, qui avait partagé l'affiche avec elle dans le film, "La visite de la fanfare" (2007), prix du jury "Un Certain Regard" à Cannes.

Plusieurs centaines de personnes ont accompagné la comédienne à sa dernière demeure, au cimetière de Kyriat Shaoul de Tel-Aviv.

Ronit Elkabetz incarnait des rôles de femmes fortes ou à la dérive. Souvent mère à l'écran, elle laisse derrière elle deux jumeaux de quatre ans.

Son amie proche, l'actrice Yaël Abecassis ("Kadosh", "Vas, vis et deviens"), autre grand nom du cinéma israélien bien connu en France, a voulu se souvenir de celle à qui "le monde avait appris l'amour et qui avait appris au monde à aimer".

Son dernier film, "Gett, le procès de Viviane Amsalem", coréalisé avec son frère Shlomi Elkabetz, avait été nominé dans la catégorie film étranger pour les Golden Globes 2015.

C'était le dernier volet d'une trilogie familiale initiée en 2004 avec "Prendre femme" puis "Les Sept jours" (2007), huis clos autour de la période traditionnelle de deuil dans une famille juive.

Fille aînée d'une famille de quatre enfants, l'actrice était née en 1964 dans le sud d'Israël de parents juifs marocains d'origine modeste.

Sur le plan politique, elle a été critique de la politique d'Israël, notamment lors de l'offensive contre la bande de Gaza durant l'été 2014.

Avec Afp

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