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De la verdure dans l’Antarctique


Les scientifiques britannique Dominic Hodson et Jessica Royles

Les scientifiques britannique Dominic Hodson et Jessica Royles

La côte occidentale de l’Antarctique est l’un des endroits de la planète qui connait le réchauffement de températures le plus rapide. Jusqu’à 3 degrés Celsius de plus, ce qui fait que la calotte glaciaire fond, et que l’impensable se réalise : des bouts de verdure émergent.

Néanmoins, ils apparaissent à un endroit bien précis, à savoir la péninsule de l’Antarctique, ce bout de terre à l’ouest du continent qui semble toujours tenter de rattraper la Patagonie, la pointe de l’Amérique du Sud. Contrairement au reste de l’Antarctique, cette péninsule connait des fontes de glace durant l’été. La région dénudée se couvre alors de mousses, explique Jessica Royles, biologiste à l’université de Cambridge. Elle travaille pour le British Antarctic Survey, l’organisme chargé de mener les travaux des scientifiques britanniques dans l’Antarctique.

« La mousse est vraiment la plante dominante dans cette région, et elle s'accumule dans ces bancs de mousse du jour ou elle commence à se développer jusqu'à nos jours, ce qui peut offrir de bonnes archives des changements survenus dans le passé, qui ont été préservés dans la mousse » explique Mme Royles.
Des mousses repérées sur la péninsule de l'Antarctique

Des mousses repérées sur la péninsule de l'Antarctique


Nous cherchons à déterminer le taux de croissance des mousses, dans quelles conditions elles s’épanouissent, tout en suivant l’évolution des populations de microbes qui y habitent depuis 150 ans, ajoute la biologiste.

A cette fin, les scientifiques ont extrait des échantillons de mousses pour analyse. « Ce que nous avons constaté, c'est que la mousse a commencé à pousser aux environs de 1860. Donc, il y a environ 150 ans. Et elle n'a cessé de croître et de s’accumuler jusqu'à nos jours. Mais c'est aux alentours de 1960 que le taux de croissance a vraiment augmenté rapidement, jusqu'à un maximum de cinq à six millimètres par an » déclare Mme Royles.

Les microbes se sont également multipliés au cours de la même période. Selon Mme Royles, l’évolution de l’environnement dans la péninsule de l’Antarctique s’explique du fait de la hausse des températures, de l'augmentation des précipitations et des vents forts.

« Cela nous montre que les plantes et les microbes sont vraiment très sensibles aux changements climatiques survenus au cours des 50 dernières années et qu’au fil du temps, ces couches de mousses ont connu une croissance sans précédent » poursuit la biologiste.

Plus au nord de la péninsule, Mme Royles dit avoir analysé des mousses remontant à plus de 5.000 ans. De vraies archives du changement climatique, remarque-t-elle, qui peuvent aider à comprendre l’évolution du climat moderne. Il est fort possible, ajoute-t-elle, que la poursuite du réchauffement climatique se poursuive, modifiant fondamentalement l’écologie et l’apparence de l’Antarctique.
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