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Dans l'est de la RDC, d'autres milices souhaitent démobiliser


Diverses milices ont exprimé le désir de se rendre à l'armée congolaise, suite au démantèlement du M23

Diverses milices ont exprimé le désir de se rendre à l'armée congolaise, suite au démantèlement du M23

Suite à la défaite du M23 en République démocratique du Congo (RDC), plusieurs groupes armés se disent prêts à déposer les armes. Dans une série de lettres et déclarations, ces milices ont précisé leur volonté d'être démobilisées.

Il y a deux semaines, la rébellion du M23 a abandonné ses derniers bastions dans l’est de la RDC, après avoir subi d'intenses bombardements de l'armée congolaise soutenue par l'ONU. D'autres groupes armés dans la province du Nord-Kivu semblent soucieux de ne pas subir le même sort.

Plusieurs d'entre eux sont prêts à renoncer à leurs activités et à démobiliser, selon des documents que la Voix de l’Amérique ( VOA) a pu lire, et qui étaient apparemment signés par leurs dirigeants.

L'un de ces documents semble avoir été signé par les dirigeants des Maï Maï Kifuafua et des milices Raia Mutomboki dans le territoire de Walikale. Il s’agit de deux groupes qui s'affrontaient encore récemment. Un autre document viendrait des Maï Maï Cheka, une milice condamnée à plusieurs reprises pour des violations des droits humains, et considérée comme une des cibles prioritaires par les Nations Unies (ONU).

Le chercheur Fidel Bafilemba, qui travaille pour l'ONG Enough Project dans l'est de la RDC, affirme que les documents en question sont authentiques. Les signataires de l'un des documents s'engagent à abandonner toutes les activités armées et à rejoindre l'armée ou retourner à la vie civile, sans conditions.

En revanche, le document des Maï Maï Cheka n'est pas sans poser de conditions. Il demande au gouvernement d'intégrer ses combattants dans l'armée et de reconnaître leurs « rangs » auto-proclamés.

Plus de 30 groupes armés sont encore actifs dans l'est de la RDC.

M. Bafilemba affirme que la plupart des autres groupes se sont également engagés à démobiliser, certains ayant déjà partiellement intégré l'armée congolaise, tandis que d'autres disparaissent au fur et à mesure que leurs membres désertent.

Un leader de la société civile à Walikale, Prince Kihangi Kyawami, a confirmé à la VOA que les groupes armés dans ce territoire se sont engagés à démobiliser, et un porte-parole de la société civile du Nord-Kivu, Djento Maundu, a dit que cela tenait pour l’ensemble de la province.

L'armée congolaise, soutenue par la Mission de l'ONU pour la Stabilisation en RD Congo (MONUSCO), a précisé à plusieurs reprises que les deux premières cibles parmi les groupes armés étaient désormais les ADF-Nalu, originaires de l’Ouganda, et les rebelles des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), dont certains membres sont recherchés par Kigali pour crimes contre l’humanité perpétrés lors du génocide.

Une délégation gouvernementale congolaise de haut niveau, dont plusieurs généraux et le ministre congolais de l'Intérieur, s’est rendue au Nord-Kivu le weekend dernier. Le ministre a déclaré aux journalistes qu'il était là pour discuter de la reconstruction de la province, sans donner plus de détails.

Les organisations non gouvernementales et l’Onu ont appelé Kinshasa à relancer, sans tarder, un programme de démobilisation des combattants congolais et à les aider à réintégrer la vie civile, afin de garantir la paix et la sécurité dans la région.
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