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Crise sociale au Tchad : nouveau rendez-vous manqué avec le Premier ministre

  • Nathalie Barge

La gendarmerie tchadienne devant le tribunal de grande d'instance de N'Djamena lors de la comparution de 5 leaders de la société civile.

La gendarmerie tchadienne devant le tribunal de grande d'instance de N'Djamena lors de la comparution de 5 leaders de la société civile.

Après avoir fait faux bond aux étudiants lundi, Albert Pahimi Padacké a envoyé une délégation pour faire une simple annonce devant les syndicats de fonctionnaires, qui s’attendaient à une discussion avec lui.

«C’était sur invitation du Premier ministre. Tous les syndicalistes étaient conviés à une réunion avec le Premier ministre, qui malheureusement était absent, mais s’était fait représenter par un certain nombre de ministres, particulièrement par le ministre de la Fonction publique chargé du dialogue social, qui a lu une communication en son nom», a déclaré à VOA Afrique Michel Barka, le président de L’Union des Syndicats du Tchad (UST).

«Cette communication était, justement, nous annoncer que désormais 80% de nos indemnités seront réduites. La réduction de ces indemnités concernent tous les agents de l’Etat ; et de 80% pendant 18 mois», a-t-il poursuivi, déplorant que la mesure soit «tombée sans aucune négociation» : «Il n’y avait pas de discussion, nous nous sommes retirés. Chacun dans son état-major se prépare à donner une réponse au ministre(…).

L’UST a convoqué immédiatement le Conseil national syndical, «qui va se réunir jeudi et qui prendra la décision qui s’impose», a précisé M. Barka, disant craindre que le Conseil demande de poursuivre la grève «sans service minimum partout et dans toutes les administrations.»

Le 31 août dernier, le Premier ministre Albert Pahimi Padacké avait annoncé 16 mesures d'urgence, dont la suppression des bourses pour les étudiants et le gel des primes et indemnités des fonctionnaires, pour faire face à la crise économique et financière.

-Climat social tendu-

Les Lycées et les collèges publics sont restés fermés depuis la rentrée scolaire (15 septembre), les enseignants ayant entamé une grève le 9 septembre pour réclamer des arriérés de salaires. De même que les étudiants ont empêché la tenue des cours dans les établissements publics, en protestation contre la suppression de la bourse d’études.

Par ailleurs, la marche pacifique des étudiants prévue mercredi a été interdite sur l'ensemble du territoire, selon un arrêté publié mardi par le ministre de la Sécurité.

L'Union nationale des étudiants du Tchad (UNET) avait appelé à manifester pour protester contre la suppression des bourses d'études. Les responsables de l’UNET avaient demandé l’autorisation pour cette marche pacifique après avoir appris que leur réunion prévue lundi matin avec le Premier ministre était reportée sine die, a dit à VOA Afrique le président du syndicat estudiantin, Barka Le Roi Manamon Matkissam.

Le climat social au Tchad reste très tendu, sachant qu’en plus de la grogne des étudiants et des enseignants, de nombreux fonctionnaires de plusieurs services sont également en grève, avec notamment un service limité dans les hôpitaux.

Le 16 mesures du gouvernement sont contestées par la plupart des syndicats du secteur public et les organisations estudiantines, qui estiment que ce n’est pas aux travailleurs et aux étudiants de subir les conséquences de la «mauvaise gouvernance et la corruption» dans leur pays.

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