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Cri d'alarme sur l'abus des antibiotiques dans l'élevage


Les animaux développent une résistance accrue aux antibiotiques, du fait des abus commis dans l'élevage, notamment en Asie (AP Photo/Firdia Lisnawati)

Les animaux développent une résistance accrue aux antibiotiques, du fait des abus commis dans l'élevage, notamment en Asie (AP Photo/Firdia Lisnawati)

Selon une nouvelle étude, l’utilisation des antibiotiques chez les animaux devrait augmenter de 67 % d’ici à 2030.

Plutôt que de développer des pratiques d’élevage durables et saines, nombre de producteurs, notamment en Asie, ont recours aux antibiotiques pour prévenir les infections bactériennes ou pour produire des animaux plus gros.

Ils en abusent tellement que les micro-organismes dans les corps des animaux développent une résistance aux microbes. En conséquence, les antibiotiques supposés tuer les bactéries deviennent inefficaces. Un mécanisme qui peut se transférer dans l’organisme humain et pose une menace à la santé publique, comme le réaffirme une nouvelle étude publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).

Selon cette étude, l’utilisation des antibiotiques chez les animaux devrait augmenter de 67 % d’ici à 2030.

Parmi les auteurs de ces travaux: l'épidémiologiste et écologiste Marius Gilbert, de l’Université Libre de Bruxelles. ''Il y a une trés grande quantité d'antibiotiques qui sont utilisés dans l'élevage'', rappelle-t-il. ''L'objectif de l'étude, c'était de faire une première évaluation globale des quantités d'antibiotiques qui sont utilisées exclusivement pour l'élevage''. Qu'il s'agisse des bovins, des porcs ou des poulets.

''Ce dont on se rend compte'', ajoute l'expert, ''c'est que cette quantité d'antibiotiques qui est utlisée pour l'élevage est non seulement trés importante, mais elle va encore plus augmenter dans les décennies qui viennent, et en particulier dans les pays en transition économique''.

Or, les pathogènes ne connaissent pas les frontières. La mondialisation favorise les épidémies, rappelle M. Gilbert, et personne ni rien n'est à l'abri. On l'a vu avec l'épidémie de fièvre à virus Ebola qui s'est déclarée en Afrique de l'Ouest mais n'a pas épargné les Etat-Unis, fait-il valoir.

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