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Crash Germanwings : le père du copilote conteste la thèse du suicide


Des gendarmes français s'activent sur le site du crash de l'A320 de Germanwings dans les Alpes françaises, près de Seyne-les-Alpes, le 1er avril 2015.

Deux ans après le crash de l'A320 de Germanwings dans les Alpes françaises, le père du pilote qui a fait s'écraser l'appareil a mis en cause vendredi la thèse de l'acte suicidaire d'un dépressif, suscitant l'indignation.

"Nous aussi nous cherchons des réponses", a assuré Günter Lubitz, père du copilote Andreas Lubitz, qui s'exprimait lors d'une conférence de presse à Berlin pour la première fois en public depuis cette catastrophe qui a fait 149 victimes.

Le 24 mars 2015, à bord du vol 4U 9525 reliant Barcelone à Düsseldorf, son fils copilote de 27 ans, sous antidépresseurs, a profité de l'absence momentanée du pilote en titre du cockpit pour projeter l'appareil contre une montagne du sud des Alpes, selon les enquêteurs.

"Depuis deux ans je suis comme les autres proches (des victimes): je suis frappé de stupeur devant cette tragédie", a ajouté cet homme vêtu d'un costume noir, à la ressemblance frappante avec son fils, avant de préciser: "Ce que je vous dis maintenant, je le dis avec beaucoup de précaution car cela peut facilement être mal compris".

"Notre fils n'était pas dépressif au moment du crash" mais "une personne optimiste, responsable et engagée", a-t-il dit, jetant le doute sur les résultats de l'enquête mais sans toutefois avancer de thèse alternative.

A son côté, un journaliste spécialiste de l'aviation civile, Tim van Beveren, a parlé d'erreurs et d'incohérences dans les investigations.

Il s'en est tout particulièrement pris au procureur de Marseille dans le sud de la France, Brice Robin, qui a rapidement désigné Andreas Lubitz comme le seul responsable de la catastrophe.

"Tout le monde a entendu ça et l'a écrit et tout le monde l'a cru", selon lui, "mais nous avons tous des théories et ces théories ne sont pas des preuves".

Le directeur du lycée Joseph-König de Haltern-am-See dans l'ouest de l'Allemagne où étaient scolarisés 16 adolescents morts avec deux de leurs enseignants dans la catastrophe y a vu un "affront pour les parents" des victimes.

Le ministère allemand des Transports a également assuré n'avoir "aucune raison de douter" des conclusions de l'enquête.

Et sur les lieux proches du drame, le PDG de Lufthansa --maison-mère de Germanwings--, Carsten Spohr, a souligné que ce n'était pas le "jour pour faire des spéculations", tandis que le maire d'une commune voisine, Bernard Bartolini, a qualifié la contre-enquête d'"extravagance".

Dans le sud des Alpes françaises, environ 500 proches des victimes se sont recueillis vendredi à la cathédrale de Digne-les-Bains, pour une cérémonie œcuménique.

Au Vernet, le village le plus proche de l'endroit où s'est écrasé l'appareil, un monument commémoratif en forme de sphère de cinq mètres de diamètre a été dévoilé.

En juin, ce monument doit être héliporté sur le site du crash proprement dit. A près de 1.500 mètres d'altitude, une balise y marque depuis la catastrophe le point d'impact. Les lieux seront ensuite "définitivement interdits au public".

En Allemagne, les quelque 1.200 élèves du lycée Joseph-König de Haltern-am-See, dans l'ouest du pays, ont observé cinq minutes de silence à partir de 10h41 -l'heure à laquelle s'est écrasé l'avion.

"Nous ne vous avons pas oubliés et nous ne vous oublierons pas", a assuré le directeur de l'établissement, Ulrich Wessel, cité par dpa.

Le Bureau français d'enquêtes et d'analyses (BEA), dans ses conclusions publiées en mars 2016, affirme que le crash a été volontaire en raison des multiples gestes enregistrés jusqu'à la collision avec le sol par les boîtes noires de l'appareil: déclenchement de la descente et changements de vitesse.

Andreas Lubitz avait par ailleurs "répété" son geste le matin même sur le vol aller par des "actions sur le système de pilotage automatique" alors qu'il était seul dans la cabine, selon le BEA.

Dans le volet allemand de l'enquête judiciaire, le parquet de Düsseldorf a clos en janvier ses investigations en écartant notamment les soupçons de négligence visant les médecins qui ont examiné Lubitz.

Avec AFP

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