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CPI : décision mardi sur la fin du procès contre le vice-président kényan William Ruto


William Ruto à La Haye, le 10 septembre 2013. (REUTERS/Michael Kooren)

William Ruto à La Haye, le 10 septembre 2013. (REUTERS/Michael Kooren)

Les juges de la Cour pénale internationale publieront mardi leur décision sur un éventuel abandon des poursuites contre le vice-président kényan William Ruto, accusé de crimes contre l'humanité pour son rôle dans les violences post-électorales qui ont secoué le Kenya en 2007-2008.

"La décision sera notifiée uniquement par écrit; aucune audience ne sera tenue. Elle sera déposée mardi, au plus tard à 17H00 (locale, 15H00 GMT) et rendue publique", a indiqué la CPI dans un communiqué.

William Ruto, 49 ans, et le présentateur de radio Joshua Arap Sang, son co-accusé de 40 ans, sont poursuivis pour des meurtres, persécutions et déportations commises durant les violences qui avaient suivi la réélection contestée du président Mwai Kibaki face à Raila Odinga, faisant plus de 1.300 morts et 600.000 déplacés, selon l'accusation.

MM. Ruto et Sang, dont le procès s'était ouvert en septembre 2013, comparaissent libres et nient toute responsabilité dans ces violences, les pires de l'histoire post-coloniale du Kenya.

Les deux hommes avaient demandé fin 2015 l'abandon des poursuites. La défense de M. Ruto avait notamment argué que le comportement de son client était "au-delà de tout reproche" et que le dossier présenté par l'accusation ne comportait pas suffisamment de preuves.

Les témoins ont été un des talons d'Achille du dossier de l'accusation. Pas moins de 16 des 42 témoins avaient en effet changé leur témoignage ou refusé de témoigner, citant des menaces, des intimidations ou la peur de représailles.

La CPI avait autorisé l'accusation à utiliser des dépositions de témoins recueillies avant leurs rétractations mais était revenue en arrière en appel en février, ce qui avait été considéré par les observateurs comme un coup très dur pour l'accusation.

Deux Kényans avaient été arrêtés en septembre, accusés d'avoir soudoyé des témoins via des pots-de-vins allant jusqu'à 5 millions de shillings kényans (43.000 euros).

Le procureur souhaitait également poursuivre le président kényan Uhuru Kenyatta mais avait dû y renoncer, faute de preuves suffisantes.

Les procédures ont également été marquées par une campagne internationale menée par le Kenya, et soutenue par l'Union africaine (UA), pour mettre un terme aux poursuites contre le président kényan et son vice-président.

AvecAFP

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