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Course contre la montre de l'ONU en Libye pour un gouvernement d'union


Le chef de la Mission d'appui des Nations Unies en Libye, Martin Kobler le 22 novembre 2015.

Le chef de la Mission d'appui des Nations Unies en Libye, Martin Kobler le 22 novembre 2015.

L'émissaire de l'ONU Martin Kobler s'est rendu jeudi à Shahat, dans l'est de la Libye, pour convaincre le président du Parlement reconnu internationalement et des chefs de tribus de soutenir un gouvernement d'union nationale, selon l'agence officielle Lana.

A son arrivée à Shahat, une ville située à une dizaine de kilomètres de Al-Baida où siège le Parlement reconnu, le chef de la mission des Nations unies pour la Libye (UNSMIL) Martin Kobler a été hué par un groupe de manifestants, selon le photographe de l'AFP présent sur place.

"Laissez donc les Libyens décider eux-mêmes de leur destin", lui a lancé une femme.

A l'issue d'une réunion à huis clos avec Aguila Saleh, président du Parlement reconnu par la communauté internationale, le diplomate allemand s'est entretenu avec les chefs des tribus de Barqa (Cyrénaïque), dans l'est de la Libye.

Ces derniers ont posé trois conditions ppour approuver le gouvernement d'union: la protection de l'armée nationale, la garantie de la répartition équitable des portefeuilles (...) et la protection du gouvernement sans le recours aux milices, a rapporté l'agence de presse LANA dépendante des autorités reconnues.

La formation de ce gouvernement découle d'un accord signé à Skhirat au Maroc sous l'égide de l'ONU entre des députés libyens des deux Parlements rivaux afin de mettre fin au chaos dans ce pays.

Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est plongée dans la tourmente avec des combats entre milices armées et deux Parlements et gouvernements se disputant le pouvoir.

Pour que ce gouvernement d'union devienne opérationnel, il doit être approuvé par une majorité des deux tiers au sein du Parlement reconnu.

Or, ce dernier a échoué à deux reprises la semaine dernière à tenir séance en l'absence de quorum.

M. Saleh et le président du Congrès général national (CGN), le Parlement rival siégeant à Tripoli, Nouri Abou Sahmein, s'étaient ouvertement opposés à l'accord de Skhirat.

Les chefs des deux assemblées poussent pour une "déclaration de principes" sur un gouvernement d'union, signée début décembre à Tunis, un processus alternatif à celui de l'ONU.

Pour Martin Kobler, une course contre la montre a commencé car le gouvernement doit être entériné sous deux semaines et deux jours.

Le diplomate onusien doit se rendre vendredi à Tripoli, contrôlée depuis l'été 2014 par Fajr Libya, une coalition hétéroclite de milices dont certaines islamistes, pour y rencontrer M. Sahmein.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a apporté son soutien fin décembre au gouvernement libyen d'union nationale, dans l'espoir de contrer la montée du groupe Etat islamique (EI) dans ce pays.

Avec AFP

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