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Coup de filet massif contre les mafieux new-yorkais


Times Square

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Une quarantaine de membres présumés de plusieurs clans de la mafia ont été interpellés jeudi à New York et sont suspectés d'une série d'activités illégales, notamment de l'extorsion et l'organisation de jeux d'argent clandestins.

Les mis en cause, inculpés, appartiennent aux clans Genovese, Gambino, Luchese, Bonanno, eux-mêmes membres de la Cosa Nostra, organisation mafieuse américaine de la côte est des Etats-Unis.

La branche de Philadelphie est également concernée, selon le document de la plainte du procureur du district sud de New York, Preet Bharara.

Il s'agit, pour la plupart, d'hommes aux noms à consonance italienne âgés de plus de quarante ans.

Au terme de plusieurs années d'enquête, les autorités ont interpellé jeudi 39 personnes lors d'un coup de filet géant, dont une partie a eu lieu en Floride.

Un autre mis en cause devrait se rendre dans les prochaines heures, selon le communiqué du procureur, tandis que trois autres inculpés sont en fuite.

L'organisation extrêmement hiérarchisée et très bien organisée avait notamment monté une maison de jeux clandestine, "à la façon d'un casino", à Yonkers, au nord de New York, avec tournois de poker, de jeux de dés et paris hippiques.

Outre l'extorsion et les jeux d'argent clandestins, ces organisations sont aussi accusées de s'être livrées à des prêts illégaux, de la contrebande de cigarettes et d'armes, ainsi que de fraude aux cartes de crédit et à l'assurance santé.

Ils s'étaient ainsi procuré un "skimmer", un appareil qui, une fois posé sur un distributeur, permet de lire les données des cartes des utilisateurs.

Dans le cadre de la fraude à l'assurance santé, l'organisation s'appuyait sur des médecins corrompus qui acceptaient de rédiger des ordonnances de complaisance.

Selon les règles classiques de la mafia, Cosa Nostra visait à s'enrichir tout en "maintenant les victimes et les citoyens dans la peur" de l'organisation "et de ses chefs", indique le procureur général dans le document.

Pour instiller ce climat de peur et mettre au pas la concurrence, l'organisation s'est notamment livrée à des incendies volontaires et des agressions.

- 'Nicky la perruque' -

Coups de couteau, coups de barre de fer, menaces d'une arme: les écoutes réalisées lors de l'enquête montrent que les mafieux présumés avaient de la suite dans les idées.

Tout, dans le fonctionnement et la composition des clans, paraît hérité de la plus pure tradition mafieuse, jusqu'au surnoms des mis en cause: "Le coq", "Muscles", "Big Vinny" ou "Nicky la perruque".

"Le document de l'inculpation se lit comme un roman mafieux à l'ancienne", a reconnu le directeur adjoint de l'antenne du FBI, Diego Rodriguez, cité dans un communiqué.

Si les arrestations de mafieux étaient monnaie courante jusque dans les années 1990 dans le nord-est des Etats-Unis, elles sont devenues beaucoup plus rares depuis le début des années 2000, à mesure que la mafia d'origine italienne perdait de son influence.

En 2002, la mort de John Gotti, chef de la famille mafieuse Gambino connu pour son extravagance mais aussi sa brutalité, avait semblé marquer la fin d'une époque.

Les inculpations de jeudi "montrent que la mafia demeure un fléau pour cette ville et dans tout le pays", a déclaré le procureur fédéral Preet Bharara, cité dans un communiqué.

"La mafia d'aujourd'hui est très diversifiée dans sa quête sans limite de profits illégaux", a-t-il ajouté.

Pour lui, "les menaces d'agression, les blessures volontaires, le meurtre de ceux qui contrarient leurs desseins criminels, tout cela demeure la voie privilégiée dans le manuel de la mafia".

Avec AFP

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