Liens d'accessibilité

Coup de filet contre un réseau djihadiste en Italie et en Norvège


Najmuddin Ahmad Faraj, aussi connu sous le nom de Mullah Krekar, déclaré terroriste par l’ONU, détenu en Norvège. 2015, Reuters

Najmuddin Ahmad Faraj, aussi connu sous le nom de Mullah Krekar, déclaré terroriste par l’ONU, détenu en Norvège. 2015, Reuters

La police italienne a annoncé avoir réalisé un coup de filet contre un réseau djihadiste européen qui prévoyait des opérations pour tenter d'obtenir la libération de son chef, un prédicateur kurde irakien détenu en Norvège.

Les mandats d'arrêt concernent 17 personnes, 16 kurdes irakiens et un Kosovar: six membres du réseau ont été arrêtés en Italie, quatre au Royaume-Uni, trois en Norvège, tandis que plusieurs sont partis se battre en Irak et en Syrie aux côtés de l'organisation Etat islamique (EI).

Le centre de coordination de cette opération se trouvait à La Haye, au siège d'Eurojust, l'organisme de coopération judiciaire de l'UE, qui s'est félicité dans un communiqué de "l'excellente coopération entre les autorités nationales impliquées".

Selon les enquêteurs, les personnes arrêtées sont des disciples de Najmuddin Ahmad Faraj, dit Mollah Krekar, un prédicateur fondamentaliste kurde irakien de 59 ans, établi depuis 1991 en Norvège, où l'un des trois mandats d'arrêt le concernait, même s'il est déjà en détention.

"Ce qui est important, c'est que nous avons démantelé une cellule intégrée qui comprenait, outre l'Italie, le Royaume-Uni, la Norvège, la Finlande, la Suisse et l'Allemagne", a déclaré à la presse le général Giovanni Governale, un responsable du groupe des opérations spéciales (ROS) des carabiniers italiens.

Le réseau se développait "sur internet à travers des procédures 'noires', des plateformes peu connues que nous avons réussi à pénétrer", a-t-il ajouté, précisant que l'opération des forces de l'ordre avait permis d'"annuler une procédure de recrutement, d'envoi au combat à l'étranger".

Selon le général Governale, le groupe "s'apprêtait à poursuivre l'envoi à l'étranger de nombreux autres jihadistes" et prévoyait de s'en prendre à des diplomates, notamment norvégiens, pour faire pression sur les autorités et faire libérer le mollah Krekar.

Certains membres envisageaient des attentats-suicide, mais il n'y avait aucun projet précis, a-t-il ajouté.

"Nous contrôlons tout ce qui se passe sur le territoire afin de limiter" les risques d'attentat, en particulier dans la perspective du Jubilé proclamé par le pape François, qui doit drainer des millions de pèlerins à Rome à partir de décembre, a ajouté l'officier.

En Norvège, le mollah Krekar est considéré comme une menace pour la sécurité nationale et est sous le coup depuis 2003 d'un arrêté d'expulsion qui n'a toujours pas été exécuté en l'absence de garanties sur son sort en Irak où il risque la peine de mort.

Il avait cofondé dans ce pays Ansar al-Islam, un groupe islamiste qu'il affirme ne plus diriger depuis 2002. Il figure, avec ce groupe, sur la liste des personnes et organisations terroristes des États-Unis et de l'ONU.

Selon un communiqué publié à Rome, la cellule démantelée avait pour objectif d'"éduquer" une nouvelle génération de kurdes irakiens, soit en Irak, soit de la diaspora, à une idéologie radicale et "préparer une révolte violente contre les régimes infidèles qui gouvernent les zones kurdes".

Avec AFP

XS
SM
MD
LG